Les surfeurs péi et l'exil fisquale



Les surfeurs péi et l'exil fisquale
"Pendant des années, l’hiver, les surfeurs français, et particulièrement les compétiteurs de l’équipe de France, choisissaient l’île de la Réunion pour s’entraîner ou pratiquer leur sport préféré. Paradoxalement, aujourd’hui, c’est l’inverse qui se produit. Les Réunionnais sont obligés de s’exiler sur la côte aquitaine. Romain Cloitre, originaire de Saint-Gilles-les-Bains, un jeune champion, invité par son sponsor Oakley à l’inauguration à Anglet de son showroom, est de ceux-là. Aujourd’hui, ce sont les requins qui règnent en maîtres sur tous les spots de l’archipel (sic)." C'est ainsi que débute un intéressant papier de Sud-Ouest.

"Je pense que l’on n’imagine pas la gravité de la situation, dit-il d’entrée. Le surf a été un révélateur, relayé par les médias, des accidents mortels qui se sont multipliés. Aujourd’hui, c’est tout l’avenir des sports nautiques, et donc une partie non négligeable de notre économie, qui risque d’être remise en cause. J’ai commencé le surf quand j’avais 10 ans, explique Romain. À l’époque, on savait qu’il y avait des requins, mais il y avait une certaine forme de cohabitation, il n’y avait pas d’attaque de leur part. Pour moi, comme pour beaucoup, le changement de l’écosystème a inversé la donne.". Pour le jeune surfeur, le coupable est tout trouvé : c'est le parc marin : "Un élevage de poissons a été installé sur la baie de Saint-Paul, qui a attiré les requins. Ce parc naturel est devenu leur garde-manger naturel et ils se multiplient. À la Réunion, nous surfons de Boucau-Canot à Saint-Pierre au sud de l’île, c’est cinquante minutes de voitures. Ces eaux sont devenues leur territoire et, pour eux, nous sommes des prédateurs. Introduisez des loups dans les Alpes ou des ours dans les Pyrénées, près des communes, et vous aurez le même résultat. Certains élus nous désignent en disant que nous faisons de la désinformation, mais c’est la réalité. Le maire de Saint-Leu dit vouloir aider les sports nautiques : il sait qu’il y a beaucoup d’écoles de surf, de shapers, et des gens attirés par le cadre, mais les faits sont là. Deux associations se sont alors montées chez nous pour alerter l’opinion : Océan Prévention Requin et Prévention Requin. Contrairement aux messages qui ont été exploités par certains élus, elles ne veulent pas l’extermination des requins, mais leur régulation."

Bon, voilà. C'est l'histoire du loup dans la bergerie, du requin dans le lagon, du maire dans la basse-cour. Il ne nous reste plus qu'à fabriquer de faux bérets basques. Une idée pour Pardon ! ?

François GILLET

Mercredi 3 Juillet 2013
François Gillet
Lu 656 fois


Nouveau commentaire :
Twitter

Les commentaires sont modérés a priori par l'équipage.

L'Edito | Actus Réunion | Zembrocal | Moucatage péi | Dann Péi Déor | Le Vieux Papangue | L'Equipage | Vieux papiers