La "rentabilité" malgache



La "rentabilité" malgache
C'est délicieux, c'est dans la bouche de François Caillé,
interviewé dans le Jir de ce lundi 24 août en encadré d'un dossier sur
"les entreprises qui coulent et celles qui gagnent".
"Le Réunionnais n'est pas conquérant", déclare François Caillé
dont les ancêtres savent ce que gros blanc et économie coloniale ont
signifié. Et de poursuivre: "Au contraire de ce que beaucoup pensent,
l'export paie. On peut gagner de l'argent, à Madagascar. La
rentabilité de nos activités sur la Grande Ile est même supérieure à
celle de la Réunion".
La jolie trouvaille. Il paraît même, M. Caillé, que le pouvoir
d'achat d'un Réunionnais est supérieur au pouvoir d'achat d'un
autochtone, immensément supérieur. Achat de toutes sortes, filles
comprises, certes pas blondes, soyons clairs.
Ce qu'il y a de bien avec les fins de race, c'est qu'ils ne
pèsent pas l'énormité de leurs propos, comme l'autre mois Hayot, sur
Canal Plus, moucatant les Noirs (mais peut-être a-t-il dit les nègres)
au plus fort de la crise antillaise.
Un jour ils nous expliqueront que les Malgachines du front de mer
à Saint-Denis ou Saint-Pierre sont également "plus rentables" que les
Françaises. Ce qui n'est pas faux, la police, qui laisse vivre les
julots et partage à l'occasion une (nous n'avons pas écrit un) dodo en
sait quelque chose.
Une chose est sûre, pour en revenir à l'article du Jir. Avec la
reprise complaisante des propos de François Caillé, complaisante parce
que c'est à se tordre de rire si l'on est un marmaille malgache mal
nourri (ou un banquier réunionnais, mais là ce n'est plus le même
rire), avec donc la mise en exergue candide de tels propos, que
n'aurait au demeurant pas démenti La Palice, Florent Corée, le
responsable Economie du journal d'Abdoul Cadjee roulera bientôt en 607
couleur d'argent.

Laurelen

Lundi 24 Août 2009
laurelen
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1.Posté par Fabrice le 25/08/2009 09:46
Excellent essai à lire et à relire (notamment par les "responsables Economie" de nombre de journaux qui ne se contentent pas de boire les paroles des exploiteurs comme du petit lait mais les diffusent comme autant de vérités inaliénables) : "La société malade de la gestion", Vincent de Gaulejac, Seuil 2005.

2.Posté par gastalnette le 25/08/2009 22:30

Les affaires avec la mairie de Saint-Denis étaient "rentables", aussi, à une certaine époque. Quand François et Jacques ont été pris la main dans le pot de confiture. Aujourd'hui, c'est la légion d'honneur qu'on leur donne, et du fric à gogo à François via les banques. Comme quoi, petit peuple, t'es prié de circuler. Y'a rien pour toi.

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