La guerre des baleines

Nicolas, blogueur compagnon de navigation du Pirate, se demande s'il est bien judicieux d'avoir deux associations pour suivre les baleines à bosse. Son site, "Le reste mérite d'être dit", mérite d'être lu...



La guerre des baleines
Deux numéros différents à appeler pour signaler des baleines à bosse, c’est une perte de temps et d’énergie. Sur ce point Mickaël Rard de l’observatoire marin de La Réunion (qui n’est pas un organisme public comme pourrait le laisser penser son nom) a raison.

Il oublie juste de préciser que son association n’était pas obligée de lancer un numéro concurrent de celui de Globice qui mène une étude sur les cétacés depuis 2001. Oubli également, c’est qu’il n’est pas membre du réseau échouage, dont l’Etat a confié les rênes à Globice, et qui est seul habilité à approcher des mammifères marins sur les plages. Ce qui veut dire que si quelqu’un l’appelle pour un mammifère échoué, l’Omar n’aura pas plus le droit de l’approcher que ma tante Berthes.

Il oublie enfin de préciser que l’étude de Globice est menée sous la houlette de Violaine Dulau, docteur en biologie marine -pas simple doctorante- qui mène celle-ci au sein de l’université. Alors plutôt que de constater une mésentente pour renvoyer tout le monde dos à dos, il est préférable de se demander à quoi ça sert d’appeler pour signaler des baleines. L’étude d’une population animale a besoin de temps et de bénévoles, celle que mène Globice n’échappe pas à la règle. L'étude a commencé, il y a quelques années et vit du travail de ces dizaines d’observateurs désintéressés. Ces coups de fils permettent d’économiser l’essence des campagnes de mesures.

La parasiter par une histoire de numéro de téléphone revient à ruiner le travail de dizaines de bénévoles, les membres de l’Omar auraient pu le comprendre et envisager d’autres solutions, sans doute un peu plus nobles. On s’étonne d’ailleurs que cette histoire de numéro ne concerne que les baleines. L’ « observatoire » n’a-t-elle pas osé faire de même avec le numéro de Kelonia? L'Omar se pose comme un groupe d'étude systémique, mais reconnait avoir du mal à travailler avec les différents acteurs (globice, kelonia, parc marin...), peut-être ce type de démarches y est-elle pour quelque chose. On ne s'improvis pas le coordonnateur d'associations sans leur accord. Et puis la mer est vaste, il y avait d'autres sujets d'études possible, certes moins glamours mais importants aussi.

Pour ma part, je continuerai à appeler Globice. Pas seulement parce qu’étude et reconnaissance de l’Etat, mais parce l’initiative de l’Omar, loin d’aider au recensement des baleines, risque de le tuer. Et ternir l'image des bénévoles qui donnent de leur temps pour améliorer le savoir de tous.


Nicolas

Le reste mérite d'âtre dit

Jeudi 29 Octobre 2009
Nicolas
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