Dumile à l'autre (le cyclone qui fait peur)



Dumile à l'autre (le cyclone qui fait peur)
Dumile. On aimerait bien être dans la tête des poètes météorologues qui ont pour tâche de nommer les systèmes cycloniques. Et connaître leurs muses, leurs inspiratrices. Savoir s'ils ont des enfant, et s'ils prénomment leurs marmailles de sobriquets aussi ridicules que ceux dont ils affublent les météores. Firinga, Clotilda, Gamède...
Cette fois, c'est Dumile. Et la Réunion a une sainte trouille. Il est vrai que l'île de la Réunion n'a plus connu de VRAI cyclone depuis longtemps. Le dernier, c'était Gamède, il y a presque six ans. Et c'était un faille cyclone (même s'il a foutu en l'air le pont de la rivière Saint-Etienne, en passant). Dumile, lui, est un vai cyclone musclé, méchant, violent, qui fonce droit sur la Réunion. Et qui, une fois n'est pas coutume, devrait épargner Madagascar. A l'heure où nous écrivons ces lignes, la pluie s'est invitée, le vent est encore léger, mais déjà on nous promet le pire : des rafales à 150 km/h, des vagues de plus de 10 mètres... L'apocalypse du 21 décembre avec 10 jours de retard, juste pour nous.
Ca peut avoir de bons côtés : Dumile nous permettra peut-être de relativiser nos malheurs, de mesurer notre fragilité, de regarder d'un autre oeil les catastrophes, naturelles ou non, qui surviennent dans le monde (même si la Réunion est le centre du monde), à Haïti, aux Etats-Unis, en Indonésie.
Ca va relativiser aussi le chikungunya et les attaques de requins. Tiens, au passage, Dumide a permis à l'île de la Réunion de faire l'ouverture du JT de TF1 et un passage remarqué dans celui de France 2. Gageons que demain, la presse nationale parlera de nous, en long, en large, en travers.
Et puis, le cyclone aura peut-être fonction de révélateur. Révélateur des manquements des mairies, des problèmes de logement, et des pratiques des entreprises de BTP, petites ou très grandes. "S'il y a des morts, on l'aura cherché. Ca fait dix ans qu'on fait n'importe quoi. Personne ne respecte les normes", grommelle Robert, chef de chantier, une vingtaine d'années d'exercice à son actif.
Quoi qu'il en soit, le cyclone, à la Réunion, est dans l'ordre naturel des choses. On en a simplement perdu l'habitude. Sauf pour ce qui est de la ruée dans les grandes surfaces. Hier, les bougies avaient littéralement été pillées dans le Leader Price à côté de chez moi. Tant pis. Je passerai mon jeudi sans télé, sans ordi. Je vais peut-être lire un bouquin, tiens... En écoutant le vent.

François GILLET

Mercredi 2 Janvier 2013
François Gillet
Lu 1281 fois


Nouveau commentaire :
Twitter

Les commentaires sont modérés a priori par l'équipage.

L'Edito | Actus Réunion | Zembrocal | Moucatage péi | Dann Péi Déor | Le Vieux Papangue | L'Equipage | Vieux papiers