Des toubibs pleins de morgue



Des toubibs pleins de morgue
Le procès des deux médecins accusés d’avoir rendu aux familles les corps de leurs proches non recousus a encore été reporté cette semaine. Pour la plus grande douleur des victimes qui n’ont toujours pas pu entamer leur période de deuil.
Les deux prévenus officiaient à la morgue de Lens. Après une inspection de la Ddass, elle a été fermée. C’est dire. Les plaintes sont arrivées ensuite. Celle d’un époux d’abord dont la femme s’est suicidée en avalant une bouteille de Destop. On lui restitue un cercueil scellé dont il exige l’ouverture pour y placer une bible. « J’ai regardé à peine deux secondes, aux pieds, un sachet avec les organes… J’en ai encore des flashs ». L’horreur. Voire la bestialité. Un corps violé, rendu dépecé. Le respect en berne.
Ensuite et je vous passe les détails, les plaintes et les dossiers s’enchaînent. Témoignage de thanatopracteur qui dit ne pas avoir pu habiller un cadavre parce que les membres étaient séparés. Il ajoute : « tous les défunts que j’ai pu voir à Lens ont subi le même traitement : dépecés comme des bêtes, les organes dans des sacs poubelle, les habits aux pieds… »
Malgré tout, les deux médecins devraient échapper à une sanction pénale. Aucune qualification ne vient encadrer les faits. Les « atteintes à l’intégrité du cadavre » pourraient ne pas être retenues parce que l’injonction d’autopsier émane d’une réquisition judiciaire. Les droits de l’homme sont une notion qui ne tient qu’à un fil, celui de la vie. La mort n’en fait, selon toute apparence, pas partie.
Mais vous savez ce que j’en pense…

Fanny Lesguillons

Lundi 16 Janvier 2012
Fanny Lesguillons
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Les Zumeurs de Fanny