Choisir son destin à 17 ans



Choisir son destin à 17 ans
C’est un peu brut de décoffrage. Ils n’ont pas le bac en poche qu’on leur demande déjà de choisir leur avenir.
Ils ont pour la plupart 17 ans, l’âge des premières sorties, des premières vraies conneries. Et des premières responsabilités. Celle là est primordiale.
Les voeux qu’ils ont à formuler sur internet sont irréversibles, du moins jusqu’au 9 juin. Or, si certains savent depuis longtemps ce qu’ils veulent faire, ils sont des milliers a n’en n’avoir strictement aucune idée.
Imaginez. Sur le site, 9 100 formations sont affichées. Trouver celle qui correspond revient à dénicher une aiguille dans une botte de foin.
Hervé Hamon, spécialiste de l’Education souligne ce matin dans «Aujourd’hui en France»: «Les jeunes manquent d’instruments pour visualiser le job dont ils rêveraient.» Et plus loin, «ils formulent souvent leurs voeux à l’aveuglette, au feeling».
Pas étonnant. L’école républicaine ne prépare pas les jeunes au monde du travail. Elle les cultive, mais ne les induit pas à pénétrer une société en crise. Au contraire, elle les protège du système en les cocoonant. Preuve en est le peu de stages et de courte de durée que le jeune effectue durant son parcours scolaire. Un à deux au collège et basta.
Si le niveau d’études a considérablement augmenté en quarante ans, le marché de l’emploi, lui, s’est profondément modifié et les filières de formation, multipliées.
Les jeunes aujourd’hui doivent réfléchir dès la sixième, ils ont 11 ans, au corps de métier qu’ils souhaitent intégrer pour ne pas louper la bonne option, le bon lycée qui déterminera la prépa, le BTS ou l’IUT nécessaire à sa réussite. On leur demande très tôt un réalisme d’autant plus désarmant que les 18-25 ans accuse un taux de chômage de plus de 23%.
Décourageant.
Hervé Hamon souligne encore: « Quand j’étais jeune, je pouvais espérer gagner plus que mon père à trente ans alors que beaucoup aujourd’hui ont enterré cette idée». Je vais plus loin. Nombreux sont les ados qui ont pris conscience qu’ils ont peu de chances de gagner un jour autant que leur père. S’ils ont la chance de travailler à trente ans. La société alliée à l’Education Nationale fait de nos enfants des Tanguy en série. Ceux qui feront des longues études s’en sortiront, concluent Hervé Hamon. Mais 20% sortent chaque année du système sans diplôme ni qualification. Ils sont condamnés d’avance.
Moi, ça me coupe le sifflet...

Fanny Lesguillons

Jeudi 20 Janvier 2011
François Gillet
Lu 943 fois

Les Zumeurs de Fanny