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Les dessous du palmarès des lycées
Chaque année, le ministère de l'Education nationale donne une « valeur ajoutée » aux lycées. Après de savants calculs, qui prennent notamment en compte les catégories socio-professionnelles de la population d'élèves accueillis, les résultats attendus au bac par rapport à cette popultation, on arrive à un indice, positif ou négatif, qui permet d'évaluer la performance des établissements. Le ministère est, dans cette démarche, très hypocrite : en aucun cas il ne s'agit d'un « classement », assure-t-il pour ne pas s'attirer les foudres des enseignants et des chefs d'établissement. Il fait d'ailleurs signer une convention aux organes de presse pour que ceux-ci publient une précision, écrite pas le service com du ministère, précisant que, ouhla, attention, tout ces chiffres sont à prendre avec des pincettes. Libre aux journalistes de mettre les résultats dans l'ordre, pour aboutir à un classement en bonne et dure forme, du premier au dernier. C'est d'ailleurs fait pour ça, histoire de mettre la pression sur les profs et les chefs d'établissement, de plus en plus soumis à des obligations de résultats. Le ministère et le rectorat ont ensuite beau jeu de dire « c'est pas nous, c'est la presse qui fait les classements. Les journalistes sont méchants ».
Hécatombe chez les profs
Tous les ans, c'est le lycée privé Levavasseur qui arrive en tête à la Réunion. Un excellent bahut, avec un impressionnant taux de réussite au bac de 99%. Bon, c'est vrai qu'à Levav, on ne prend pas trop de risques. La sélection y est sévère, dès l'entrée en seconde, et se poursuit en cours de scolarité. Les lycées publics n'ont pas autant de facilités... L'établissement (et on sait de quoi on parle, au Pirate, à ce sujet) accueille les rejetons de la bonne bourgeoisie dionysienne. Même constat pour le lycée Saint-Charles, tout aussi privé, qui est deuxième. Le premier établissement public, Amiral-Bouvet, à Saint-Benoît, arrive en troisième position, et a ien du mérite, tant la cité scolaire Bouvet est dans un environnement difficile. Cette grande usine, archétype des bahuts de masse des années 70, est régulièrement confrontée à des problèmes de délinquance. Les abords de Bouvet sont un vrai coupe-gorge, même en plein jour. Plaque tournante du trafic de zamal, les alentours attirent comme des mouches des « éléments extérieurs » attirés par les jeunes filles en fleurs. En attendant qu'ilsaillent à l'ombre, ils pullulent. Des lycées comme celui de La Possession, pourtant très bien classés ces dernières années, dégringolent au classement en 2007. Et si on se posait la question des moyens, plutôt que de simplement regarder les résultats bruts ? Le gouvernement vient d'annoncer la suppression de 73 postes d'enseignants. Les « précaires » qui faisaient tourner la machine sont jetés à la rue. Il y a de moins en moins d'adultes dans les établissements. Au lycée Georges-Brassens, bon dernier du classement, 12 postes d'enseignants seront supprimés à la rentrée. Dans toute l'académie, ce sont les profs de français qui paient les pots cassés du plan de rigueur. Alors même que la maîtrise de la langue est une priorité académique. Difficile de faire des miracles dans ces conditions. Et si on évaluait les ministres de l'Education, les recteurs, et l'administration ?
Frenchy |
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APRES L'AMIANTE
Alerte au pyralène
De l'amiante dans l'air à la Réunion... C'est grâce à la remarquable enquête de Stéphane Fontaine dans le Quotidien qu'on a découvert la légèreté avec laquelle certaines entreprises traitaient cette matière ultra-dangereuse pour la santé publique. Et on peut supposer que l'on a mis à jour que la partie émergée d'un iceberg explosif... Dans les années 70, l'amiante était utilisé comme isolant pratique et peu coûteux dans la construction de nombreux bâtiments publics. On sait que la plupart des établissements scolaires construits dans cette période à la Réunion contiennent de l'amiante. Tiens, au hasard, le lycée géant du Tampon... Mais il n'y a pas que l'amiante. Le pyralène, autre poison contenu dans les transformateurs électriques, reste encore très présent dans l'île. Sans danger quand ils restent confinés dans les transfos, ces « polychlorobiphényles » (PCB) servent de lubrifiant et de produits composants des appareils électriques. Mais en cas de fuite, ou d'incendie, ils se dégradent en produits hautement toxiques « et particulièrement stables ». « En outre, ces molécules étant très peu biodégradables et très solubles dans les huiles et graisses végétales ou animales, leur rejet diffus dans l'environnement a entraîné des phénomènes de bio-accumulation préoccupants pour la faune sauvage, d'élevage, et la santé humaine », peut-on lire dans l'encyclopédie en ligne Wikipédia. Le pyralène est cancérigène pour l'homme. Un polluant désormais interdit, tous les contenants importants devant être détruits avant 2010. Mais à la Réunion, il reste plein de transformateurs gavés de pyralène. Notamment dans des anciens établissements de production, démantelés ou encore en activité. Le Pirate est ainsi en mesure de dire qu'un commerce de gros du Port est encore équipé d'un transfo au pyralène.
Fuite au collège
Certes, le ménage a été fait au début des années 90. « Chez nous, il n'y a plus aucun transfo au pyralène. Tout a été mis aux normes », confirme un technicien d'EDF. « Mais il en reste encore beaucoup, sur des terrains privés », précise un chef d'entreprise, spécialisé dans la manutention de produits dangereux. Un autre se souvient parfaitement avoir désactivé de nombreux postes à pyralène au début des années 90. « A la demande d'EDF », précise-t-il. « On amenait tout ça chez EDF, sans prendre de précautions particulières. Après, je ne sais pas ce qu'ils en faisaient. Je crois que c'était envoyé en métropole », dit-il. Techniquement, la Drire a recensé au niveau national 850 sites pollués à des degrés divers. En octobre dernier, une pollution majeure du Rhône a soudainement rappelé que les PCB n'étaient pas que des mauvais souvenirs. Il semble qu'à la Réunion, un risque majeur de pollution par PCB est inexistant. Mais la Drire a recensé quelques « accidents ». Ainsi, en novembre 1999, au colège Hubert-Delisle, à Saint-Benoît, le sol a été « souillé » par une fuite de pyralène. Le sol a été promptement nettoyé par la société Sovidenge. Au collège des Deux-Canons, à Saint-Denis, on note la présence d'un transfo au pyralène. Selon la Drire, il n'y a « pas d'information précise » sur sa destruction. Le mot de la fin pour notre entrepreneur : « c'est moins problématique que les batteries, t
Laurelen rès polluantes pour les nappes phréatiques, qui finissent dans les ravines à la Réunion. Mais il n'y a pas si longtemps, des transfos à pyralène finissaient aussi dans la nature ». Qui a parlé de Grenelle de l'environnement ? |
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Les juteuses affaires d'OOL |
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Outremer Télécom, qui s'apelle désormais Only pour le grand public, est un fournisseur d'accès à l'internet et un opérateur de téléphonie mobile implanté dans les dom-tom. A la Réunion, l'arrivée de ce concurrent de Wanadoo (aujourd'hui Orange, c'est comme à la Légion, chez ces gens-là on change de nom pour oublier un passé peu glorieux ?) avait suscité beaucoup d'espoir. Las ! Les méthodes commerciales assez aggressives -et c'est un euphémisme- d'OOL, et ses déficiences en matière de services après-vente et de services tout court, on rapidement douché l'enthousiasme des internautes réunionnais. Depuis cinq ans, le patron d'Only à la Réunion, Mustapha Hassanaly, n'arrête pas pester contre France Télécom, qui détient le monopole d'exploitation du câble Safe, lequel achemine le haut débit à la Réunion, ce qui expliquerait selon lui que la concurrence ne puisse pas jouer, et qu'Only n'arrive pas, malgré toute sa bonne volonté, à baisser ses tarifs d'abonnement au haut débit (près de 60 euros pour un abonnement ADSL illimité, contre moins de 30 euros en métropole, pour un débit supérieur, et la téléphonie en plus, et des chaînes de télé gratuites... ). Ce en quoi il n'a pas tort. Une culbute de 100 millions d'euros Mais ce groupe qui pleure misère vient d'entrer en bourse. Mercredi 14 mars, Outremer Télécom s'est pointé sur le marché Euronext. A l'initiative du fonds de pension anglo-saxon Apax, qui a pris le contrôle d'OOL en 2004. Un fonds qui compte sur cette introduction en bourse pour "réduire significativement sa participation en empochant au passage un énorme chèque", selon Catherine Maussion, de Libération (13/03/07). Un coup classique pour un fonds de pension qui achète, valorise, et revend très vite en empochant une consistante plus value. Apax, qui détenait 60% des parts d'Outremer Télécom, et aurait injecté entre 60 et 70 millions d'euros dans l'entreprise, céderait près de la moitié de ce viatique. Le fonds espérait la semaine dernière une culbute de près de 100%, "car entre-temps, la valeur d'Outremer Télécom a triplé", note Catherine Maussion. Menace sur la téléphonie Le grand patron, fondateur du groupe, Jean-Michel Hégesippe, qui était à la Réunion fin 2006 pour faire un état des lieux, "possédait 25% de son groupe en 2004", et "pourrait descendre à 18% et toucher un chèque de plus de 8 millions d'euros". Outremer revient de loin, puisque le groupe avait atteint un niveau de dette de 400% de ses fonds propres. Dettes aujourd'hui nettoyées. Mais l'entreprise de téléphonie se targue d'une croissance importante dans les dom, et d'un chiffre d'affaires en croissance de 60%. De quoi séduire d'autres corsaires financiers. Un bémol, cependant : Outremer est sous la menace de se voir retirer sa licence s'il ne déploie pas dans les temps son réseau de téléphonie mobile à la Réunion (c'est fait à Mayotte). Un déploiement prévu pour le début de l'année 2007. On est en mars... -Au lendemain de sa mise sur le marché, le titre Outremer On Line côtait -1,827 par rapport à sa valeur initiale. Frenchy A suivre dans Le Pirate : les drôles de méthodes commerciales d'OOL |
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Poulets vaudous pour requins Plus fort que le chien-appât pour requins, la carcasse de poulet magique qui attire les squales. L’Agence de presse africaine Pana, relayée entre autres par Angola press (22/08), relate l’attaque de requin qui a causé la mort d’un surfeur, lundi 21 août, sur le site de la Pointe du Diable, à Saint-Pierre. Un site, qui, apprend-on dans cette courte dépêche, est « réputé dangereux », « en raison des carcasses de poulets abandonnés sur la plage par des Réunionnais qui y effectuent des sacrifices rituels ». Ca, c’est exotique, coco. Tous les ingrédients du bon film horreur/exotique y sont : les rites vaudou nocturnes, la plage, l’attaque du requin géant, la mort du surfeur, et même le nom de l’endroit, qui pourrait donner le titre : « Les dents du diable ». Faudra quand même qu’on nous explique quels sont ces drôles de rites, et surtout à quel point on nourrit mal les requins par chez nous pour qu’ils rampent jusqu’à la plage sur leurs petites nageoires dans l’espoir de ramasser une carcasse (maudite) de poulet. On peut penser que la dépêche a été faite d’un lointain bureau de Capetown ou de Ougadougou, par un type qui ne sait même pas où se situe la Réunion… Pas du tout. Le correspondant de Pana à la Réunion est sur place, en permanence, et il connaît bien l’île. Paraît même que son plat favori est le cari de chien. Par miracle, TF1 et « Match » n’ont pas évoqué les « sacrifices rituels » de la Pointe du Diable. La presse en métropole s’est contentée dans son ensemble de la dépêche AFP qui rapportait l’attaque de squale d’une manière moins poétique, mais plus rigoureuse. Laurelen La lettre assassine de Dindar à Victoria On croyait qu’un semblant de paix était revenu au sein de la droite dionysienne. Un apaisement entre Nassimah Dindar, Jean-Jacques Morel, et René-Paul Victoria, dicté par la realpolitik, et la perspective d’une catastrophe annoncée aux prochaines échéances électorales dans le cas où la guerre a couteaux tirés devenait un conflit majeur, avec usage d’armes lourdes. Il est vrai aussi qu’en ce moment, Victoria reprend la main, après avoir obtenu un large vote de confiance de la part de l’UMP. Mais un belligérant n’a pas rangé les armes, malgré le cessez-le feu trilatéral. Ibrahim Dindar, furieux d’avoir été évincé de la Cinor par le député-maire de Saint-Denis, s’en prend avec violence à René-Paul Victoria dans un courrier en date du 3 juillet dernier que Le Pirate s’est procuré. Morceaux choisis. L’élu se dit « écoeuré » par la « mauvaise foi » et les « mensonges » de Victoria, et l’accuse de « lâcheté ». « Car lorsque je vous ai demandé, les yeux dans les yeux, vos intentions à mon égard (au sujet des nominations au bureau de la Cinor, NDLR), vous avez regardé par terre, bredouillé une réponse confuse ».
"Vous m'avez déclaré la guerre" « N’ayant pas de réponse claire et franche qui aurait été évidente « il n’y a rien de changé et tu gardes ton poste », j’ai eu confirmation des échos qui m’étaient parvenus auparavant, à savoir que vous alliez me faire payer l’outrage d’avoir osé me présenter contre vous au poste de délégué de circonscription de l’UMP », balance Ibrahim Dindar. Qui décoche ensuite : « Il eut été simple d’avoir ce courage là : dire à celui qu’on considère comme son ennemi : « je veux ta peau ». Mais la nature est ainsi faite que le courage n’est pas donné à tout le monde ». Et de dénoncer la « mascarade » des élections au bureau de la Cinor, et d’accuser René-Paul Victoria d’avoir rompu des accords passés « il y a deux mois » en présence « de M.Mazaka et de quatre élus de mon groupe, à savoir que nous restions dans la majorité municipale avec une possibilité de critique constructive et en échange d’un peu plus de considération ». « Dans cet accord de gestion municipale (qui incluait la Cinor) il n’a jamais été question de l’UMP », poursuit le conseiller général. Pour finir sur une frappe qui n’a rien de chirurgical : « Vous m’avez déclaré la guerre, rompu nos accords, ayez le courage d’en assumer les conséquences. Toutes les conséquences ». « Et à l’avenir, monsieur le député-maire, évitez d’avoir du courage par le seul biais de vos nervis et évitez de mentir, cela vous grandira un peu », conclut Ibrahim Dindar, dans une envolée finale fine comme un pilonnage d’artillerie. A la place de René-Paul, on se méfierait. Même s’il se fait parfois déchirer sa chemise, Ibrahim n’entend pas la laisser dans la partie de poker menteur à laquelle se livre depuis des mois la droite municipale. Et puis, il est ceinture noire de karaté… Frenchy |
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Quelques grammes de politique... La chronique de LinX Problème de falaise et manque de bus On va casser ce mont : si on commence à grands coups de mines, on finira avec des pioches. Il faudrait plutôt y mettre des hommes et basculer. Ils iront fouiller juste sous nos pics, et peut-être plus tard les verra-t-on fouiller sur les coteaux. On a entendu un automobiliste rouspéter à cause d'une caillasse : "Il faut l'alléger et la faire chuter, puis ravaler sans faire la moue !" Pas besoin, donc, de plaider pour ces travaux, mais on veut voir des démos sur la Corniche, et savoir enfin si le littoral s'esquisse. Si ça coûte, il faudra qu'on paye. "Quand ?", s'interroge Nassimah dès qu'il s'agit de douiller. Cette radine ne rêve que de passe-droit et de bons coûts. Elle ne pourrait pas se permettre uniquement par défi. "Je virerais plutôt ce préfet", pense-t-elle, voyant un Baroin en butte au lobby de zarabs, "Avec ce préfet, en plus, c'est du tracas à tous les coups !" Un Bénard qui ne fait que causer, parlant de route et de bidep, des ministres qui s'emmêlent puis qui tentent de se défiler, une Françoise, spécialiste des Civilisations, elle-même pas trop fêlée, qui s'occupe des DOM et de leurs arts, c'en est trop pour les Cayrel qui visitaient les Makes : "Allez-y avec vos mines, et qu'on ne m'en perde pas !" LinX . |
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| Chiens appâts Quand BB manipule l'opinion Le Pirate a déniché un intéressant dossier sur la manipulation des organisations de défense des animaux sur le site veganimal. Où il est encore question de chiens appâts, de cari requins, et autres billevesées. Nous en publions, en accord avec l'auteur, de larges extraits. Chiens appâts vivants pour la pêche aux requins : quand le fait divers est manipulé en "tradition locale réunionnaise" Pourquoi un fait divers (des cas isolés d’actes de cruauté envers les animaux par des individus au comportement psychotique) est-il qualifié de "tradition locale réunionnaise" et de "pratique ancestrale" par la Fondation 30 millions d’amis, sur son site, dans sa pétition et lors de son émission hebdomadaire sur France 2 ? C’est comme si une association de protection de l’enfance affirmait, sans sourciller, qu’il y a une "tradition locale belge" de la pédophilie à cause de l’affaire Dutroux ! La volonté d’appâter les médias et de manipuler l’émotion du grand public en gonflant une affaire devenue, pendant plusieurs mois, une "tradition locale" ultra médiatisée (les JT de 20 heures et la presse française et anglaise ont bien mordu à l’hameçon !) [1] a été faite au détriment de la population réunionnaise qui aurait préféré que la métropole ne les diffame pas et se préoccupe aussi de l’épidémie d’appâts humains vivants aux moustiques. L’émotion fait vendre À la pêche aux gros... donateurs Pourquoi avoir manipulé un fait divers comme celui de l’affaire des chiens appâts, avec une image "choc" d’un chien aux babines embrochées par un hameçon, pour en faire une "tradition locale", si ce n’est que l’émotion fait remplir le tiroir-caisse ? D’ailleurs, "Choc Magazine" en fait aussi son fond de commerce, en mélangeant savamment sur chaque couv’, des images de canards gavés, singes disséqués et autres animaux dépecés de leur fourrure, parmi des gros plans de paire de seins et de fesses. L’émotion comme le sexe font vendre... et ce n’est pas les assos de protection animale qui s’en plaindront puisque que c’est une stratégie marketing déjà employée depuis plus de 10 ans par l’asso américaine PeTA (devenue grâce à cela, la plus grosse charity-business de protection animale). Et les animaux, dans tout ça ? Ils sont toujours plus exploités et torturés, ce qui fait un vivier inépuisable d’images "choc" ! Une pétition contre... mais la loi française est déjà contre La fondation 30 millions d’amis propose sur son site de signer une pétition contre l’utilisation des chiens comme appâts vivants. Selon la loi française en vigueur sur l’île de la Réunion, la Réunion étant un département français (précision malheureusement nécessaire) : Si la pêche au requin est libre, les pratiques barbares qui consistent à se servir d’animaux domestiques sont, elles, interdites. Il n’y a jamais eu de loi ni quoi que ce soit qui autorisait jusque-là l’utilisation de chiens vivants comme appâts pour la pêche aux requins sur l’île de la Réunion. À qui sert donc cette pétition ? Créer un fichier gratos de futurs donateurs ? Prouver à France 2 que l’émission moribonde 30 millions d’amis a - quand même - de l’impact malgré la concurrence des Experts à la même heure sur TF1 ? Peut-être qu’au lieu d’organiser une pétition au siège social de la Fondation (8eme arrondissement à Paris) il serait bien plus utile d’aller sur le terrain et faire des actions de fond sur le long terme... et pas simplement un coup d’éclat et du sensationnalisme. Un déferlement émotionnel aux relents colonialistes Forcément, quand on chauffe à blanc les téléspectateurs et les lecteurs avec de la désinformation calomnieuse mais vendeuse, comme "cette tradition locale", "cette pratique ancestrale" et "des chiens finissent dans les marmites cuisinés en cari" [2], les bas instincts se déchaînent sur les forums et les blogs. Ajouter à cela, le reportage sur les " chiens appâts" qui tombait au même moment qu’une diffusion large sur le net d’un reportage en Chine sur l’élevage de chiens pour le commerce de leur viande et fourrure et l’on obtient un cocktail explosif. 2 exemples symptomatiques piochés au hasard des centaines de réactions passionnelles : (Les posts ont été retranscrits sans aucune modification) Sur le blog : non.a.la.torture.des.animaux : "La Reunion nous prouve qu’elle n’a pas le niveau de culture de la France et qu’elle restera encore longtemps à la traine, les gens sont "betes" il n’y a pas d’autres mots". Sur le forum : touslesdrivers.com : "enculés de barbare de déchets de l’humanité ! (désolé pour la vulgarité, mais ça vient du coeur) PS : pour régler le problème des requins, ne faudrait il pas attacher avec un crochet un chinois qui bouffe du chien par les parties génitales, on rêglerait deux problèmes en une seule fois). Je suis raciste, la seule race que je n’aime pas c’est celle des cons !" Les "gens des îles" (*) sont-ils plus cruels avec les animaux que les Français de métropole ? (*). Expression utilisée par madame Brigitte Bardot pendant son intervention sur l’affaire des "chiens appâts" à l’île de la Réunion, lors de l’émission Vivement dimanche sur France 2. Faits : Il y a indubitablement des cas scandaleux de négligence, de maltraitance et d’actes de barbarie commis sur des animaux dans les départements d’Outre-Mer autant qu’en métropole... et partout dans le reste du monde. Ce n’est pas une spécialité des "gens des îles" ni plus qu’une "pratique ancestrale réunionnaise" mais c’est surtout tellement plus pratique de stigmatiser l’Autre qui vit au large de Madagascar, au beau milieu de l’océan Indien et qui n’a pas la "pratique ancestrale" d’être un généreux donateur aux fondations BB et 30 millions d’amis. À Paris dans les quartiers huppés, le plus grand concentré de souffrance et de maltraitance animales au mètre carré ! Faits : Afin de recadrer un peu les choses, il serait bon de rappeler que ce sont dans les 16ème et 8ème arrondissements (sièges de la Fondation 30 millions d’amis et de la Fondation BB) où l’on trouve le plus grand concentré de souffrance et d’exploitation animales au mètre carré. Entre les boutiques de fourrures et cuirs exotiques, Hédiard et son caviar, Fauchon et son foie gras et les homards ébouillantés vivants dans les restos chics : franchement, le pêcheur réunionnais à coté, c’est Saint François d’Assises ! Mais voilà, aucune personne qui habite ces quartiers huppés se lève tous les matins pour pêcher le homard, gaver les oies, désosser la bidoche, ou dépecer les visons, alors on est nettement moins enclins, quand on gère une fondation de protection animale, à traiter ces individus de bourreaux d’animaux, d’autant plus que ce sont souvent de généreux donateurs. L’argent n’a pas d’odeur quand l’hypocrisie est de rigueur. Loin des yeux, et près du portefeuille Faits : Il y a des problèmes endémiques d’abandons et de chiens errants autant en métropole (voir le problème des moutons égorgés par des chiens errants que l’on dissimule en "attaque de loups" pour recevoir des subventions européennes) que dans les départements d’Outre-Mer comme la Réunion. Le problème n’est pas nouveau et il ne date pas du reportage sur les "chiens appâts à la Réunion" diffusé le 3 avril 2005 sur France 2. La SPA, cette vénérable et richissime association de protection animale administre les fourrières municipales (CINOR) de St Denis, Cambaie et St Pierre dont elle reçoit, pour leur gestion, de substantielles subventions publiques (nos impôts). Il existe également des actions de terrain par des bénévoles dévoués aux animaux comme l’association "Ti case animaux" près de Tampon. Conclusion : Le problème des chiens errants à la Réunion ne se réglera que par un travail pédagogique de fond et sur le long terme, pas en faisant du sensationnalisme et en stigmatisant un peuple. Qui fera ces actions de terrain pour les animaux ? Les richissimes associations animales, toutes basées en métropole, ont-elles vraiment voulu jusque-là se donner la peine de s’investir dans une île au large de l’Afrique, économiquement non rentable pour elles ? Virginie Bronzino
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