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Le Vieux Papangue a des idées sur tout, et aime à les faires partager sur ce ton docte qui le rend insupportable. Rétrograde, réactionnaire, il est persuadé d'incarner le progrès. C'est bien volontiers que le Pirate lui ouvre ses colonnes. |
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Comblons la Rivière Saint-Etienne J'ai du déménager de mon havre de paix de la Petite-Ile, où je coulais depuis bien longtemps une paisible retraite. Ma modeste case d'ingénieur à la retraite n'a en effet pas résisté aux outrages de Gamèfe, alors qu'elle avait crânement tenu tête au cyclone de 1848 et à toutes les autres calamités envoyées par le diable (et les Russes, durant la Guerre Froide). Il est vrai qu'à l'époque on savait encore construire ; Les ouviers ne rechignaient pas à la tâche, et il ,'était pas question de 35 heures. Ma petite nièce, qui vit sur la côte, m'héberge, une place s'étant opportunément libérée chez elle, son époux ayant injustement été incarcéré, accusé -à tort- d'avoir vendu le pont de la Rivière Saint-Etienne à des investisseurs privés, dans le but d'y installer un péage, avec la bénédiction du maire de Saint-Louis, M.Cybil Hannibal. Qui pourrait croire de telles fariboles ? Tonnes de remblai Concernant ce pont, dont la destruction obère gravement l'activité économique florissante de notre belle colonie (les cars courant d'air ne peuvent plus circuler, les charrettes boeufs n'ont plus la possibilité d'amener les cannes à l'usine... ), je souhaite apporter ma modeste contributionh d'ancien élève de l'Ecole d'ingénieurs des colonies. Hardi, Créole ! Nous avons survécu à maints cyclones, et l'adversité ne fait que renforcerle courage et la débrouillardisze que nos ancêtres pionniers nous ont légués. Il suffirait, pour rétablir cette liason vitale, de combler la Rivière Saint-Etienne par les tonnes de remblais de la route en bois de tamarin de M.Vergès. De plus, on pourrait, pour lier les roches et gravats ainsi conglomérés, y incorporer les tonnes de déchets du Sud, ce qui réglerait du même coup l'pinause question de l'incinérateur. En quelques semaines, à condition que chacuun donne la main, la rivière serait comblée à moindre frais, sans subside de l'Etat ni de la lointaine Europe. Chaque citoyen responsable amènerait directement ses poubelles qur les berges de la rivière pour boucher les trous. Et avec un peu de chance, un éboulement sur la route en corniche nous fournirait des monceaux de bonnes roches volcaniques pour terminer le chantier. Il suffirait ensuite de mettre un ruban de goudron sur les 500 mètres qui séparent les deux rives, et voilà la liaison rétablie ! Je n'attends nul remerciement de quiconque : il ne s'agit là que de l'humble proposition d'un vieux Créole patriote, qui se tient à la disposition des autorités pour la mise en oeuvre pratique de cette solution écologique, peu coûteuse, et géniale. Le Vieux Papangue (03/03/2007) PS : Certains espris sceptiques objecteront de la montée des eaux qui s'ensuivrait naturellement d'un barrage artificiel sur la Rivière Saint-Etienne. J'ai d'ores et déjà la réponse à donner à ces béotiens, que je publierai dans un prochain courrier. |
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Monaco à la Réunion J’ai récemment appris par les gazettes, de ma tranquille retraite à la Petite-Ile, que M.Johnny Halliday s’était expatrié en Suisse pour échapper à l’impôt français. Il est dommage qu’un de nos grands chanteurs quitte si jeune son pays d’adoption, mais sur le fond, il a raison. Dès que l’on gagne un peu d’argent, l’Etat, hélas, taxe sans mesure aucune les petites économies réalisées à la sueur de son front. Mais cet exil au pays des vaches, du chocolat, et des coucous ouvre des perspectives pour notre île, durement touchée par le chômage. En tant qu’ancien ingénieur des usines à cannes, dans un temps ou chacun savait rester à sa place, je m’explique : à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Transformons la Réunion en paradis fiscal ! Exonérons les riches et les grosses entreprises, telle celle de M. de Maisonvieille, qui a créé tant d’emplois à la Réunion, de tous impôts et taxes. Nous attirons déjà les fonctionnaires retraités, qui, grâce à leur maigre indexation de pension, donnent du travail à nos jeunes, en les employant en tant que nénènes, jardiniers, chauffeurs, ou gardes du corps. Imaginons ce que cela donnerait si nous attirions ici toutes nos vedettes nationales : Sheila, Sylvie Vartan, Franck Alamo, Claude François… On pourrait de plus autoriser l’ouverture de casinos partout dans l’île : de riches parieurs afflueraient de toute la planète pour miser leur fortune sur les tapis verts de notre île paradisiaque, chikungunya ou pas. Enfin, créons des banques où les entreprises internationales pourraient déposer leurs avoirs sans que de tatillons policiers ne leur demandent de comptes. Notre belle île deviendrait le Monaco de l’océan Indien. On pourrait même, avec l’affluence de ces richesses nouvelles, monter une grande équipe de football. Je propose pour ma part l’AS Monaco, belle équipe de jeunes de Saint-Benoît, qui pourrait, grâce aux moyens générés par les casinos, recruter de grands joueurs : Kopa, Piantoni, Just Fontaine (qui aurait là l’occasion de revenir au pays), et d’autres, attirés par la douceur de vivre créole et l’absence d’impôts, nous permettraient de gagner enfin la coupe de France. Monaco vainqueur de la coupe de France, du jamais vu ! Enfin, pour l’image, il nous faudrait une famille royale, dont les frasques alimenteraient les gazettes du monde entier. Notre île étant celle des dynasties, et les palais ne manquant pas, il n’y aurait que l’embarras du choix. Voilà quelques propositions de bon sens d’un vieux Créole, pour éradiquer le chômage, et transformer notre belle Réunion en paradis où l’argent coulerait à flots. En espérant que nos élus prendront en considération ces quelques suggestions… Le Vieux Papangue (16 décembre 2006) |
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Des paillotes sociales Malgré mon grand âge, de ma tranquille, mais studieuse retraite à la Petite-Ile, je suis les nouvelles de mon île. Et parfois mon c½ur de grand-père saigne quand je pense à l’avenir de mes nombreux arrière-petits-enfants. J’apprends qu’aujourd’hui, on ne peut plus se loger. Les cases sont hors de prix, les terrains se font rares, et, lis-je dans la presse, les pauvres gens ne peuvent obtenir de logement décent. Il faudrait, nous dit-on, construire 6 000 logements sociaux chaque année pour satisfaire à la demande de la populace. Et il est légitime pour ces braves gens d’aspirer à ce triptyque, viatique minimal de tout homme, fut-t-il mal né : un travail, du pain, et un toit. De mon temps, il n’y avait pas de crise du logement. Les gens aisés avaient de grandes et belles maisons de bois, à l’architecture fièrement créole, les serviteurs et les colons habitaient des paillotes, et les familles de la classe moyenne, comme la mienne, vivaient dans de petites cases de bois sous tôle, modestes, certes, mais qui suffisaient à notre bonheur. Malheureusement, mon père a du vendre notre maison familiale. Sur le terrain que nous occupions se dresse aujourd’hui l’aérogare de Pierrefonds… Ainsi va la vie. Appartements sous les ponts Je pense, avec ma modeste expérience, qu’il serait possible de résoudre ce problème de logement en faisant appel à la sagesse des anciens. Pourquoi ne pas remettre au goût du jour les paillotes d’antan ? Les matériaux de construction en sont bon marché, et la structure, de par sa légèreté, permet aux habitants d’aménager l’habitation à leur goût, voire d’agrandir la demeure familiale à moindres frais. En saison chaude, la case est agréablement aérée. Et quel bonheur pour les marmailles de décorer leurs chambres de jolies photos découpées dans des magazines… La paille canne et les feuilles bananes, ce n’est pas ce qui manque à la Réunion. Le conseil général pourrait lancer un vaste programme de construction à moindre coût pour la collectivité. De plus, il n’y aurait nul besoin de faire venir à grands frais des entreprises de bâtiment de métropole pour bâtir ces maisons : l’ancestral savoir-faire créole y pourvoira. En tant qu’ancien ingénieur, j’estime qu’on pourrait construire 18 000 de ces paillotes par an, ce qui comblerait largement les besoins. J’avance une autre idée que, j’avoue, j’ai empruntée à mon ami, Albert Lemince, ancien maire de Saint-Denis, qui avait eu pour projet de construire des logements sous le futur pont de la Rivière-Saint-Denis. Le pont a depuis été édifié (c’est l’actuel pont Vinh-San), mais, je ne sais pourquoi, les appartements qui auraient du se trouver en-dessous n’ont jamais vu le jour. J’en appelle donc à M.Vergès. Avec tous les ponts et autres viaducs qui seront implantés sur le parcours de la future route des Tamarins, il y a la possibilité de construire des milliers de logements sous ses ouvrages d’art, sur plusieurs étages, avec l’avantage que ces immeubles serviraient en même temps de piliers de soutènement. Enfin, cette solution a pour avantage d’être peu gourmande en foncier. Et les locataires auront cette chance extraordinaire : ils seront à proximité immédiate de la route névralgique de l’île. Comme disait mon père, il n’y a de problème sans solution. Et le Créole, toujours, a su s’adapter pour grandir, par sa force d’âme. Paillotes et immeubles sous les ponts, les voilà, les solutions. J’espère que mon humble contribution aura donné des idées à nos décideurs, qui, parfois, cherchent des façons compliquées de résoudre des problèmes simples. Le Vieux Papangue
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