Une mère devient soeur de sa fille...



Une mère devient soeur de sa fille...
Le sujet fait déjà débat. Un rapport parlementaire préconise la levée de l’anonymat en cas d’accouchement sous X.
La décision prise aujourd’hui par la cour d’appel d’Angers en est donc un effet papillon.
Elle se veut le reflet de l’intérêt supérieur de l’enfant.
Certes.
Mais qui dit débat dit aussi polémique.
Etre pupille de l’Etat, en soit, n’est déjà pas aisé. Pour ceux qui n’ont lu ni Lacan, ni Freud, le syndrôme de l’enfant orphelin ne dira sûrement rien. Cela dit, il est relativement facile d’imaginer les souffrances d’un enfant qui perpétuellement se demandera pourquoi il a été abandonné. Et qui cherchera à l’adolescence des traces pour pister ses parents biologiques.
Première interrogation. Une femme qui ne peut plus accoucher sous X ne sera-t-elle pas tentée d’avorter tardivement, seule ou à l’étranger? D’abandonner le nourrisson sur le parvis d’une église, voire de commettre un infanticide?
D’autre part, l’enfant gagne-t-il forcément à rencontrer sa génitrice si celle-ci a refusé dès la naissance d’assumer son rôle de maman?
Dans le cas qui nous intéresse, on va beaucoup plus loin. Une femme a mis au monde un bébé sous couvert d’anonymat. Et la justice française confie l’enfant à ses grands parents biologiques contre l’avis de leur fille.
C’est carrément torturé.
Un être humain va grandir avec cette idée que sa mère n’a pas voulu de lui alors qu’il sera amené, probablement, à la rencontrer. Avec ses parents. Pardon, les parents de sa mère. En clair, la mère devient la soeur de sa fille...
Enfin ce que j’en pense, moi, c’est que ce petit, faut pas le jeter avec l’eau du bain, mais je donne pas cher de son état mental à l’âge adulte...

Fanny Lesguillons

Vendredi 28 Janvier 2011
François Gillet
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Les Zumeurs de Fanny