Un an après … Les petits malins, « dépeceurs » de l’ARAST



Une organisation politique, le PCR, avait fort justement constaté en 2009 que dans la société réunionnaise le secteur de l'aide à la personne était un secteur susceptible de générer de très nombreux emplois pour répondre aux attentes et besoins de la population. Qui dit emplois, dit salaires et donc moyens financiers d’assurer ces salaires. La Réunion ne créant que fort peu de réelles richesses propres ( à peine 600 millions € entre l’export et le tourisme ), le gros des financements ne pouvaient être que publics et donc émaner surtout du conseil général dont c'est l'une des prérogatives essentielles avec une très large part de l’Etat. Or, ces fonds publics étaient déjà largement absorbés par une association, l'ARAST, qui occupait près de 1 200 personnes sur ce créneau. Comment faire pour que les SARL ( dont "korbey d'or" , mais d'or pour qui ? ) suscitées sur ce créneau ( "générateurs d'emplois" .... et de profits !!! ), puissent émarger sur les millions € du conseil général et de l’Etat ?
Très simple mon cher Watson : il suffit de liquider l'ARAST, de jeter à la rue ses 1200 salariés en comptant faire payer à l'AGS les millions € d'indemnités de licenciements et ensuite de faire que les structures créées, ces providentielles SARL, viennent récupérer, avec des salaires bien inférieurs et des anciennetés nulles, les "chômeuses". Et hop ! des emplois sont créés et les fonds publics "libérés" vont alimenter les revenus des « malins » qui ont si opportunément créé leurs SARL d'aide à la personne. Cerise sur le gâteau, comme les AGS refusent de payer l'ardoise de millions €, les licenciées se retrouvent donc "à la rue ", mais sans l'argent qui leur est dû et donc totalement précarisées et malléables à merci pour leurs nouveaux futurs employeurs privés !!! Quelle belle opération de « délocalisation sur place » pour faire baisser les coûts des prestations et les salaires, non pas des cadres, ceux-là ont été recasés à bons prix, non, les salaires des « petites mains », les plus nombreuses…. Et les plus profitables !!!
Mais avec des SARL à 7000 € de capital, il est difficile de recruter des centaines de salariées chômeuses, même avec ces bas salaires que leur précarité les oblige d’accepter ! Alors, quelques petits malins, sans doute ceux qui ont été à l’origine de cette belle opération, font présenter au conseil général une modeste demande d’avance de trésorerie de 1 000 000 € pour leur permettre de recruter quelques centaines de salariées jetées à la rue comme de vulgaires serpillères. Comme ce type de « combine » n’est pas très légal, le conseil général n’a pas pu « aider » ces « pauvres repreneurs » qui ont dû aller chercher ailleurs les moyens financiers pour profiter du dépeçage de l’ARAST , de ses salariées et surtout…. de la manne des fonds publics du conseil général et de l’Etat.
En toute objectivité, honnêteté intellectuelle oblige, chacun ne peut que constater que cette catastrophique opération de « dépeçage » de l’ARAST, avec ses 1200 licenciées, dont plus de 500 encore à la rue un an après, ses milliers d’ayant-droit abandonnés quant à leurs prestations de service, est le résultat de la gouvernance d’un fort curieux montage politique composé d’une présidente « UMP » du conseil général et de sa majorité de « gauche » constituée des élus de l’Alliance (PCR et assimilés), des élus socialistes, des élus MODEM et des élus de la « droite sociale ».
Ne convient-il pas, à l’approche des prochaines élections cantonales, de s’interroger sur la valeur de l’étiquette de « gauche » face à un tel gâchis social et humain dont sont responsables et COUPABLES les élus de la majorité actuelle du conseil général de la Réunion ?

Un citoyen de gauche qui s’interroge

Dimanche 28 Novembre 2010
François Gillet
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