Tram, train, bus, ou charrettes-boeufs ?



Tram, train, bus, ou charrettes-boeufs ?
Europe écologie propose pour la Réunion un TGV (train gratuit vert), Didier Robert ne jure que par les bus écologiques, Paul Vergès fait du tram-train l'argument clé de sa campagne... Bref, pour ces régionales, les transports sont au coeur des débats (exit le chômage, le logement, l'éducation, le pouvoir d'achat...). Pourtant, toutes ces propositions sont à relativiser. En effet, selon un article de Paul-André Gilbert, de l'Agence Science Presse, l'avion pollue moins que le train.
"Les moyens de transport les plus énergivores ne sont pas nécessairement ceux qu'on croit. Par exemple, voyager en avion peut consommer moins d'énergie que le train! Ce constat surprenant provient de deux chercheurs de l'Université de Californie à Berkeley qui ont développé une méthode pour calculer l'impact environnemental réel de quatre moyens de transport courants, le train, l'avion, l'autobus et l'automobile. Mikhail Chester et Arpad Horvath expliquent qu'il faut regarder plus loin que le tuyau d'échappement. Outre l'énergie consommée par l'entretien, l'extraction de matières premières, la construction et le carburant, ils ont calculé combien de passagers chaque automobile, avion, autobus ou train aura à transporter au cours de sa vie. Ils ont également pris en considération combien les infrastructures qui leur sont associées, c'est-à-dire les rails pour les trains, les routes pour les automobiles et les autobus et les aéroports pour les avions, seront utilisés pendant leur vie utile.
C'est ainsi que lorsqu'ils additionnent ces nouvelles sources de pollution, ils en arrivent à la conclusion qu'il faut doubler les émissions de gaz à effet de serre d'un voyage en train et augmenter d'un tiers celles associées à l'automobile. L'avion est le mode de transport qui s'en sort le mieux avec entre 10 et 20% d'augmentation, parce que voyager en avion nécessite beaucoup moins d'infrastructures. La palme du plus polluant revient à l'automobile. Seul l'autobus en dehors des heures de pointe, un moment où il y a peu de passagers, est considéré plus nocif. L'émission de gaz à effet de serre par passager est huit fois plus élevée que lorsqu'il est rempli à pleine capacité.
De plus, il faut prendre en compte de la manière dont on produit l'électricité. A la Réunion, malgré les efforts faits sur le solaire, l'électricité produite est essentiellement à base d'énergie fossile...
"Dans un État comme le Massachusetts qui tire 82% de son électricité des combustibles fossiles, il deviendrait plus avantageux de faire le trajet entre la banlieue et le centre-ville dans un Boeing 747 plutôt qu'en train", assure l'étude.


Les vaches polluent aussi

Bref, quel que soit le mode de transport choisi, on n'échappe pas à la pollution. Il y a quelques mois, le Vieux Papangue avait, dans nos colonnes, préconisé le retour des charrettes-boeufs à la Réunion comme mode de transport écologique et efficace. Las... Notre ingénieur à la retraite a oublié un élément essentiel. Les bovins polluent aussi... « Le secteur de l’élevage émet des gaz à effet de serre qui, mesurés en équivalent CO2, sont plus élevés que ceux produits par les transports », indique l’agence des Nations unies (FAO) dans un rapport sur les dégâts provoqués par l’élevage dans le monde. L’élevage représente 9% du CO2 dérivant des activités humaines, mais il produit une grande part des gaz à effet de serre les plus nocifs. Le vélo, alors ? Mauvaise pioche. Les efforts liés au pédalage font transpirer et respirer plus fort les cyclistes. D'où, encore, émission de CO2. Bref, il faut envisager la seule solution qui reste : ne plus bouger de chez soi (on peut aller faire ses courses à pied, ou se rendre au bistro de la même manière, l'impact écologique de la marche pedibus étant minime). Ce qui réduirait du même coup les problèmes d'embouteillages. Mais aucun candidat ne semble y avoir songé...

Laurelen


Dimanche 28 Février 2010
laurelen
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1.Posté par adv le 01/03/2010 21:00
Pas tout à fait d’accord sur l’impact écologique réduit de la marche à pied !

Prenons une bonne paire de chaussures en cuir : d’abord, il faut aller chasser la bête, ou rassembler les bêtes pour les tuer, puis transporter les cadavres. La téléportation n’étant pas encore généralisée, ces différentes opérations ont un impact écologique évident.

Passons sur le dépiautage par égard pour les âmes sensibles. Il faut encore souvent assouplir la peau, ce qui ne se fait pas en tapant dessus avec un marteau mais à grand renfort de trucs chimiques. Teindre le cuir ! La teinture, c’est plein de cochonneries. Découper, avec des machines qui utilisent de l’énergie qui n’est pas seulement humaine (même pour le cuir haut de gamme). Et même si on coud (toujours le haut de gamme, qui a un… coût), on colle aussi à tour de bras : bonjour les solvants !

Quant aux chaussures synthétiques, même réduites au minimum style savates deux-doigts, c’est ni mieux ni pire : puisque c’est synthétique !

Bref, évitez aussi la marche à pied. Ou alors pieds nus. Et encore : en cas de blessure et d’infection, ce n’est pas à la bave d’escargot qu’on vous soignera...

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