Notre Afrique du Sud à nous (3)

Durban, un rêve américain ?

A l'occasion de la coupe du monde, quelques souvenirs de voyage du temps de l'Apartheid. Quand deux ados réunionnais découvrent un pays étrange, où les plages sont divisées en deux : pour les blancs, et les "non-blancs".Troisième épisode...



Notre Afrique du Sud à nous (3)
Durban. C'est San-Francisco. Les Sables-d'Olonne. Acapulco. Enfin, un mélange de tout ça. C'est beau, il y a des gratte-ciel partout, des berlines, des décapotables, des coupés, enfin tout ce qui se fait en bagnoles de frimeurs. Des filles montées sur talons aiguilles presque aussi hauts que les gratte-ciel. Des terrasses de bistro qui s'alanguissent devant une plage à n'en plus finir, comme les jambes précédemment citées. Du bling-bling, du toc, le south african way of life. Et le pendant des blondes : des surfers partout sur le seaside. Parce qu'à Durban, il y a des putain de vagues. Et qu'on vient du monde entier pour les chevaucher. Sans que le boycott de l'Afrique du Sud et de son régime de l'apartheid ne semble gêner aucun de ces éphèbes venus des quatre coins du monde (et beaucoup des Etats-Unis et d'Australie).
Mais, Pascal et moi, ce qui nous attrape les yeux, le cerveau, l'esprit, c'est la plage justement. Elle est immense. Des kilomètres. Des vagues qui déferlent du large de l'océan Indien. Et un GROS panneau, planté sur le sable : « Réservé aux blancs ». C'est écrit en anglains et en afikaan. Et en zoulou aussi. Ils sont trilingues par ici... Les Noirs s'en foutent un peu, ils ne vont pas à la plage, comme nous le confirmera un vendeur ambulant. Mais pour le principe... Un restaurateur blanc nous dira benoîtement que la plage n'est pas « interdite » aux Noirs, puisque une partie leur en estt réservée. Ben oui, c'est ça, l'apartheid. On voulait voir, on a vu. La plage, c'est l'aspect le plus visible. C'est pareil, en ville, pour les boîtes, les restos, les bars. Il n'y a pas de pancartes. Ce n'est pas ncessaire, tout le monde sait comment ça marche.
Avec Pascal, on se trouve un appart tout équipé. Pas cher, sur le front de mer, c'est un zarab qui loue. Il s'appelle Patel. Ca nous rappelle la Réunion... Les zarabes d'Afsud font partie des « colored people », une subtile distinction du régime d'apartheid, où on met tout ce qui n'est pas franchement blanc aux yeux bleus ni foncièrement noir. Ils ont un peu plus de droits que les Noirs. Mais moins que les Blancs. Bon, ils n'ont pas le droit de vote, en tout cas.
Patel Nous propose des Samoosas. C'est comme les samoussas de chez nous, mais en trois fois plus gros. On fait affaire. On va passer une semaine géniale à Durban. Les gens sont super sympas, qu'ils soient Noirs, Blancs, ou « colored ». On a l'impression d'être dans une enclave, une carte postale. Quatre ans avant, les émeutes de Soweto et leur répression sanglante donnaient au monde une autre image de l'Afrique du Sud.

François GILLET

Jeudi 24 Juin 2010
françois gillet
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