Plusieurs centaines de touristes partent de la Réunion pour des vacances sexuelles chaque année à Madagascar. On est loin du dessin animé. "Tu ne peux pas savoir comme elles sont bonnes. Pour 20 euros, elles restent avec toi toute la semaine. Eh, attention, ce n'est pas de la prostitution, tu leur offre à manger, elles dorment dans ta chambre d'hôtel, elles sont contentes". Ce témoignage satisfait et édifiant, on l'a entendu. Devant témoins, en l'occurrence tous les clients d'un grand bistro de Saint-Denis de la Réunion.
D'autres détails ? En voilà : "Bien sûr, elle n'avait pas 18 ans, mais c'est facile de trafiquer sa carte d'identité à Mada. Et puis les flics, il suffit de leur graisser la patte". Le gars qui parle est marié (on s'en fout), a 50 ans, et est très sérieux quand il s'agit de parler de graves questions économiques à la Réunion. Simplement, deux ou trois fois par an, il part en chasse à Mada. A la chasse des jolies Malgachines. Il se sent beau soudain, et même s'il a du mal à bander, son portefeuille gonflé fait illusion.
La Thaïlande de Mitterrand est bien plus loin que le Mada de certains de nos décideurs, de nos juges (pour une fois que Tillier avait sorti quelque chose), de nos censeurs moraux. Pourtant, on y consomme de la chair fraîche. Dans un pays qui crève doucement.
François GILLET