Les sales métiers



Les sales métiers
Politique, c'est un sale métier. Quoi que vous fassiez, aussi honorables soient vos intentions, il se trouvera toujours quelqu'un dans l'assistance pour murmurer un "tous pourris" de bon aloi. Bien sûr, le quidam a de bonnes raisons d'être dubitatif quant à l'honnêteté de l'élu de base. Où, sans même parler de son honnêteté, de sa compréhension de la morale la plus basique. L'affaire Woerth est emblématique de cette absence de référence morale. Voilà un ministre sans doute foncièrement honnête, mais qui à force de fréquenter les champs de courses de Chantilly et les rues ombragées de Neuilly a oublié certaines notions de base, comme, par exemple, on ne mélange pas vie privée et vie publique...
Il est des boulots difficiles, comme ça. Journaliste, par exemple. Par principe, pour le même quidam, le journaliste est un vendu. C'est vrai qu'à force de voir des PPDA faire de fausses interviews, ou des Pujadas s'alanguir aux réponses de chêne clair d'un Sarkozy perdu dans les bois obscurs de ses contradictions, il y a de quoi douter. Y compris de journalistes intègres, qui font bien leur boulot, cherchent la petite bête et n'ont pas peur d'affronter de grosses. A force de trop regarder la télé, de trop surfer sur internet, on oublie que la presse, elle est d'abord écrite, réfléchie, travaillée, comme un artisan travaille sa commande.
La grève du Quotidien est à cet égard significative. Les Réunionnais ont cru que c'était une grève de "nantis" (les journalistes, donc), comme l'a bien souligné la direction, pour des revendications salariales. Les nantis en question gagnent moins que des fonctionnaires -outre-mer- et se sont battus avant tout pour ceux qui étaient encore moins considérés qu'eux : les employés de presse. Mais le journaliste a mauvaise presse. C'est comme ça, on n'y peut rien.
Il y a des boulots difficiles, même si ça n'y paraît pas. Milliardaire, par exemple. On ne peut pas tranquillement frauder le fisc, filer quelques millions d'euros à un ami qu'on aime bien, sans que tout le monde vous tombe dessus. Si, de plus, on est octogénaire et malentendante, qu'on a une fille vindicative et un majordome malhonnête, c'est la totale.
Il y a des boulots dangereux. Flic, par exemple. De la Bac en particulier. Heureusement, Brice Hortefeux protège ces vaillants fonctionnaires, qui, n'écoutant que leur courage, cognent, tutoient, et contrôlent à tout va. Il y a eu des menaces de mort contre des policiers de la bac à Grenoble. C'est idiot et lamentable. Mais le retour à une police républicaine, qui rassure les vieilles dames (fussent-elles milliardaires et octogénaires) et ne terrorise pas les passants innocents, pourrait sans doute arranger certaines choses.
Il y a des boulots compliqués. Chômeur, par exemple. 23 mois pour survivre. Courir partout pour gratter un entretien se vendre, sans les arguments de Zahia D., juste avec son envie de bosser, sa bonne foi, et son CV.
Il va sans dire que le chômeur est par définition un paresseux qui ne veut pas bosser. Au contraire d'un ministre, d'un policier de la bac, d'un journaliste, ou d'une milliardaire octogénaire.

François GILLET

Mercredi 28 Juillet 2010
françois gillet
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1.Posté par Crepu Raoul le 03/08/2010 16:57
Peut être que si les journalistes n'affichaient pas aussi souvent autant de mépris et d'arrogance vis-à-vis de ce qui touche le peuple, ce dernier lui donnerait plus de considération. Par exemple l'utilisation fréquente du mot "populisme" dès qu'il s'agit de thèmes dont les petites gens sont inquiets, alors que se revendiquer du peuple, je trouve ça plutôt noble : ) (je parle de la presse en général, pas de vous)
Mais je vous rejoinds sur le fait que les journalistes sont sûrement sous payés.

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