Les banques se gavent toujours

La crise a bon dos : les banques, qui ont perdu beaucoup de sous avec des opérations financières douteuses, se rattrapent largement sur les comptes des particuliers. Et à ce petit jeu, les banques réunionnaises font très fort, se classant parmi les plus chères de France, selon une étude réalisée par l'organisme de consommation CLCV.



Les banques se gavent toujours
Cette étude, dont le JIR s'est fait l'écho dans son édition du 04/02, est impitoyable. L'hebdomadaire Marianne en a également largement fait part dans sa dernière édition. Mis sur le banc des accusés : les packages, ces services groupés que la banque vend à ses clients comme la panacée. Marianne donne ainsi cet exemple : « chaque mois, une somme forfaitaire est prélevée (entre 4,80 pour la banque la moins chère, la Banque postale, et 131 euros pour la plus chère, une filiale réunionnaise de la Société générale) ». Pour ce prix, le client a une carte bancaire a débit différé, une gestion de son compte par internet, une autorisation de découvert... Autant dire que les particuliers n'ont pas vraiment le choix.
Même si, et c'est là que le bât blesse, les packs coûtent plus chers que chaque service pris séparément.

Les banques réunionnaises
parmi les plus chères


Et difficile d'aller voir ailleurs, les tarifs se tenant d'un réseau à l'autre. « A une exception prêt, note encore la journaliste de Marianne, celle des banques des DOM, dont les tarifs sont de trois à cinq fois plus élevés qu'en métropole, au prétexte qu'elles ont à faire face à davantage de mauvais payeurs ».
« Et allez donc suggérer à un Domien de faire jouer la concurrence et d'ouvrir un compte au Crédit agricole du Nord-Est, la moins chère des banques pour les petits utilisateurs », conclut avec humour l'auteur de l'article.
Dans l'étude de CLCV, on apprend avec intérêt que quatre banques réunionnaises se situent parmi les cinq plus chères de France pour ce qui est des packages : la BNP, la BFC-OI, la Banque de la Réunion et le Crédit Agricole, avec des packages (de 145,40 à 259,56 euros) plus onéreux que les mêmes services pris à la carte.
L'étude montre aussi que les banques réunionnaises sont plus chères pour tous les services. L'article du JIR cite ainsi une carte bancaire facturée 44 euros, contre 30 au Crédit mutuel de Basse-Normandie.
Christian Fara, président de la Fédération française des banques à la Réunion, ne peut que bafouiller devant l'évidence : « Il faut savoir que nous avons des coûts plus élevés ici. Notamment les caisses autonomes dont les frais ne sont pas mutualisés ». Le même argument que les compagnies aériennes, les vendeurs de bagnoles, ou encore les fournisseurs d'accès internet... Les Réunionnais, dont les revenus sont parmi les plus faibles de France, compatissent. Et le Pirate se propose de lancer une souscription pour venir en aide aux banquiers nécessiteux.

François GILLET

Banquier bien au chaud

Au niveau national, c'est Natixis, établissement financier dépendant de la Caisse d'Epargne, qui a le plus souffert de la crise des subprimes américaines : 4,9 milliards d'euros de pertes, et 19 milliards d'actifs invendables sur les bras, selon le mensuel Capital. Et à la Réunion, c'est la BR, du groupe Océor, filiale de la Caisse d'Epargne, qui vendait à tour de bras les portefeuilles d'actions pourries amoureusement préparés par Natixis. Résultat : de nombreux clients de la banque, qui croyaient placer leur argent en bons pères de famille, ont vu partir leurs économies en fumée. Ainsi, cette saint-pierroise, qui avait placé 1000 euros en Natixis, a-t-elle reçu fin décembre son relevé de portefeuille, indiquant une perte sèche de... 933 euros. « Et il y a des particuliers qui ont investi des sommes bien plus importantes que ça. On se battait pour avoir du Natixis, il n'y en a pas eu pour tout le monde », indique, goguenard, un conseiller financier indépendant. Heureux doivent être aujourd'hui les recalés... Bien sûr, quelques têtes sont tombées, parmi les grands banquiers. Mais qu'on ne s'inquiète pas outre mesure, elles savent rebondir. Ainsi, Charles Milhaud, ex-patron de la Caisse d'Epargne, et initiateur de la montée en puissance de Natixis au sein de la banque à l'écureuil, reste président du conseil de surveillance d'Océor. Les clients de la BR peuvent être rassurés.

F.G.

Mercredi 4 Février 2009
françois gillet
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