Le procureur en slip !

Un prévenu en garde à vue forcé de se déshabiller, ce n'est pas en Moldavie, ni en Roumanie que ça se passe, mais à Saint-Denis de la Réunion. En France donc. Alerté par un avocat, le procureur de la République a répondu que c'était à cause de la "chaleur ambiante" que le gardé à vue s'était retrouvé à poil...



Le procureur en slip !
C'est vrai qu'il fait chaud à la Réunion. D'ailleurs, durant l'été austral, c'est bien connu, on largue nos vêtements partout, et on court tout nu. François Muguet, le procureur de la République, est bien au courant de ces moeurs locales, puisque quand un avocat s'étonne que son client, gardé à vue, se retrouve dans une cellule en slip (et accessoirement dans l'obscurité), il répond que c'est "en raison de la chaleur ambiante que le gardé à vue a été prié de déposer ses vêtements à l'entrée de la cellule" (Journal de l'Ile, 27/09). Qu'en termes élégants ces choses-là sont dites. Le gars a donc été "prié" de "déposer ses vêtements" avant d'entrer dans une cellule qui puait l'urine rance. C'est beau, la langue française, dans la bouche d'un procureur de la République. On se demande alors pourquoi juges, procureurs, avocats, huissiers, s'emmerdent à porter de lourdes toges noires alors qu'il fait si chaud à la Réunion... Rendre la justice en slip, ou en caleçon, ça aurait de la gueule, non ?

François GILLET

Le procureur en slip !
L'officier de police qui nous parle n'est pas un enfant de choeur. Plutôt habitué aux interventions musclées qu'à la gentille police de proximité. Pourtant, il n'aime pas un aspect de son métier. "On ramène de tout. Des gamins qui trafiquent du zamal, des fous qui tapent leur femme, des gars en état d'ivresse. C'est bon pour les statistiques. Sarko veut du résultat. On en fait. On met des gens en cellule. Parfois ils sont violents. Parfois ce sont de pauvres types qui ne comprennent pas ce qu'ils font là. On fait du chiffre. Mes gars font du chiffre. Il y a une prime à la fin de l'année". La garde à vue ? "Pas agréable. Mais c'est la loi. Le gardé à vue retire sa ceinture, ôte ses chaussures, pour ne pas qu'il ait de possibilité de se suicider". De là à mettre un prévenu en slip... "Jamais vu ça pour ma part".

Jeudi 28 Mai 2009
françois gillet
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1.Posté par Tux974 le 23/11/2011 15:10
Je confirme cette pratique plus que douteuse (garde à vue en slip) mais systématique dans une brigade de gendarmerie de l'ouest de lîle.

J'ai été mis en garde à vu pour ivresse au mois de juin. Je reconnais mes torts ainsi que mon ivresse. Mais je dénonce avec force les conditions de garde à vue. Seule la patrouille de nuit m'a fait prendre un peu l'air, menotté, et m'a offert un grand vers d'eau. Je me souviens encore de l'entendre dire : il faut quand même rester humain...

Quant aux quatre interrogatoires assujettis de la menace du prolongement à 48 heures, de différentes méthodes d'intimidations, d'humiliations, le tout avec le bon pandore et le méchant...cela ressemblait plus à un mauvais film.
Hélas j'ai eu à faire à un brave qui ne devait rien d'autre avoir à faire ce samedi soir là, et mon esprit rotor lui à fait recommencé trois fois son procès verbal, mes déclarations ne correspondants pas à ses écrits.

Au final, de citoyen lambda, respectueux des lois et de l'uniforme, je suis désormais devenus contre ceux qui salissent cet uniforme, ses principes moraux et les méthodes de cow-boys connues de tous et étouffées pars le reste.

Mon éducation fait que je n'ai pas encore franchis la ligne. Mais ce ne sera sans doute plus le cas à la prochaine bavure des bleus.

Pour l'instant je nourris copieusement mon appareil photos avec des positions de radars plus que douteuses, des stationnements plus que gênants, des témoignages écrits d'humilié(e)s pas forcément contrevenants, et autres faits indignes de la force publique.

Affaire à suivre donc.

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