Le flop du no sarko day



Le flop du no sarko day
Le 27 Mars dernier c’était le No Sarkozy Day. Près de 400 000 blogueurs et autres facebookers de France et de Navarre soutenaient l’initiative, prise il y a trois mois par 55 bougs, de se présenter ce samedi à 14 heures devant les préfectures et mairies, vêtu de violet, pour protester contre la politique des plus minimalistes de notre cher président. Seul mot d’ordre : en finir avec Nicolas Sarkozy. L’idée venait d’Italie, où un No Berlusconi Day avait rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes à Rome en décembre dernier. En France, sur 400 000 personnes récoltées sur le net, les organisateurs étaient en droit d’en prévoir pas loin de 100 000 dans la rue, surtout après le flop de l’UMP aux régionales. Les forces de l’ordre étaient donc sur le qui vive dans pas mal de villes, et le jour J on astiquait les drapeaux en se préparant à l’assaut… Et puis rien. 50 personnes à Toulouse, pareil à Bordeaux, difficilement 400 à Marseille. Quelques milliers, peut être une dizaine de milliers en tout. Retour de flop. La France qui a voté massivement gauche le dimanche d’avant n’est pas venue. Les abstentionnistes ne sont toujours pas venus. Les 70% de mécontents, dans tous les sondages qui indiquent la plus dangereuse pente d’impopularité jamais atteinte par un président français, ne sont pas venus.
Est-ce le message trop simple qui n’est pas passé ? Dire tout bonnement non à cet homme qui asphyxie de plus en plus chaque jour la vie de son peuple, et la sienne par la même occasion, sans plus de débat, n’était-ce pas un message trop simple pour chacun ? Ou peut-être, même si l’idée est partagée, paraissait-elle inutile dans sa réalisation, tant la communication entre le roi et ses sujets est devenue un dialogue de sourd ? Quand on lui montre les crocs des suffrages, le roi échange les chaises de deux ministres puis repart dans sa quête de people absolu, sans se soucier de tout ça. Devant les sondages, le roi se penche, mais ne fléchit pas. Sa vie est ailleurs. Peut être en est-il de même du peuple. Lorsqu’on lui pose une question, en toute bonne foi le peuple répond. Mais lorsqu’on l’invite à venir répéter sa réponse, simplement parce qu’il la pense, devant les préfectures, le peuple ne se déplace pas de lui-même. Le peuple est ailleurs, vaque à ses occupations, et la contestation de chacun est rangée quelque part. Etonnant et toujours imprévisible.
Pourtant, au Pirate, on y était au No Sarkozy Day. Bon c’est vrai, on est arrivé un peu en retard, vers 14H20. Mais on était là, devant la préfecture de Saint Denis de la Réunion. Et on était un, on a compté. Difficile de faire plus minimaliste, comme mouvement. On a quand même appris plus tard que trois ou quatre potes en violet avaient mangé à côté, mais ça compte pas, surtout quand on sait dans quel resto ils officiaient… Alors on a pris une photo et on est reparti vaquer à nos occupations. Comme tout un chacun.
Qu’à cela ne tienne, les organisateurs ont illico fixé la date d’un deuxième rendez-vous, mieux organisé on l’espère, pour le 8 Mai. Le mouvement a fléchi, mais n’est pas tombé. Va-t-il y avoir rebelote de flop ? Surtout que presque dans le même temps, on apprenait la mort dans un futur proche du journal satirique Siné-Hebdo, qui va difficilement tenir jusqu’à la fin du mois avant de fermer boutique. Siné Hebdo, qui tirait sa langue pendante et n’hésitait pas à péter de joie à la face de tout ce qui bouge pas clairement dans le pays, et qui s’était fait le partenaire principal du No Sarkozy Day, notamment en imprimant des milliers de tee-shirts, tracts et autocollants. Le dernier numéro paraîtra une semaine avant le deuxième No Sarkozy Day, justement. C’est bon pour le moral de la droite, tout ça. Merde. Siné Hebdo, qui était en train, avec des signatures incroyables comme Christophe Alevêque, Didier Porte, Delfeil de Ton, de faire revivre un nouvel Hara Kiri comme Charlie n’avait jamais réussi à faire. Que penser, que dire, que faire face à tant d’aberration ! On va pas y aller de notre « c’est toujours les meilleurs qui s’en vont », ou bien « bordel, c’est pas demain la veille qu’on refera la révolution ! » Non, tout simplement on sera là au deuxième No Sarkozy Day, et on vous invite à venir y partager quelques bon bavardages bien pensés. Tant pis si c’est encore un flop, mais faut pas oublier que même avec une côte de popularité aussi basse, le président sortant est capable de repasser en 2012 vu l’opposition bien pâle. Alors, si c’est vraiment ça que veut le peuple…
Imaginons, rêvons un instant que les 100 000 blogueurs se déplacent le 8 Mai, que ça fasse un vrai boucan, et que dans le même temps chacun débourse quelques euros pour Siné. Le canard pourrait repartir vers des jours meilleurs, et l’opposition, forte d’un nouveau soutien, se bougerait peut-être un peu le cul. Utopie, quand tu nous tiens… En tout cas, rien qu’à la Réunion, si on est deux, on aura déjà doublé le chiffre du département…
Alors en attendant ce 8 Mai, histoire de se rappeler à l’ordre, le pirate livrera bientôt en exclu quelques-unes des énormités présidentielles qui vont nous tomber dessus durant la quatrième année du quinquennat du petit Nicolas. On le sait, le Sarkokifo 2010 est déjà lancé, mais c’est loin d’être fini… A la revoyure.

Arthur

Mardi 13 Avril 2010
arthur
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1.Posté par Ti kreol le 19/04/2010 15:24
En même temps les organisateurs n'en appelait pas du tout au départ de Sarko, par soucis du respect des règles républicaines. C'était manifester juste pour montrer qu'on n'aime pas sarko. Aucune revendication. Et puis, montrer qu'on n'aime pas sarko c'est pas très dur au vu des derniers sondages. Mais qui ou quoi à la place de sarko ? Bref, un appel à manifester que je trouve particulièrement inaudible. Mais souvenez-vous de la réaction de la jeunesse à la Bastille en mai 2007 après l'élection de sarko , je pense que ça vaut tous les no sarkozy day du monde.

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