Le Cospar perd l'air

Gentille manif à Saint-Pierre, manif sympa à Saint-Denis... Pourtant, ça sent mauvais. Le Chaudron s'est un peu enflammé, et dans le Sud, des magasins ont été contraints de fermer sous la pression musclée de certains manifestants. Le Cospar, créé avant tout pour gérer le mouvement réunionnais et éviter une situation à l'Antillaise, ne contrôle plus rien. Et il y a de la panique dans l'air...



Le Cospar perd l'air
Ils étaient bien sages et bien ordonnés, les manifestants, à Saint-Pierre. Bras-dessus, bras-dessous, ils ont défilé, lancé des slogans, envoyé des maloyas... Sous les yeux débonnaires d'une police qui souhaiterait que toutes les manifs ressemblent à celle-là. Il y avait même plein de marmailles dans le défilé sur le front de mer. Sauf que... Dans le même temps, en fin de matinée, des "manifestants" ont bien fait comprendre aux commerçants de la rue des Bons-Enfants qu'ils devaient fermer leur rideau de fer. Sous peine de... De quoi, au fait ? D'amende, au sens mafieux du terme. Ben oui, tiens. C'est ça.
Pendant ce temps, à Saint-Denis, la manifestation était un peu plus nerveuse, mais se tenait. Dans les rangs, dans le Sud comme dans le Nord, des syndicalistes, bien alignés derrière leurs bannières colorées. Des quidams, venus manifester, et des curieux, embrigadés dans l'ambiance festive.

Le spectre du Chaudron...

Le Cospar perd l'air
A Saint-Pierre, on a bloqué des grandes surfaces. A Saint-Denis, ça a commencé par une bouteille jetée au coeur de la manif. A partir de là, dans le Nord, ça a vraiment dégénéré. "Même scénario que pour les émeutes du Chaudron en 1991. Manif pacifique, puis le feu part très vite d'on ne sait où", confie un policier.
Et le feu a pris. Justement au Chaudron, avec le même déroulement qu'il y a presque vingt ans : barrages de ronds-points, affrontements avec les forces de l'ordre, pillages de magasins... Le préfet a eu beau lancer un appel au calme en début de soirée, Monique Orphé, adjointe au maire de Saint-Denis, renchérir, la machine était lancée.
Apprentis sorciers, les membres du Cospar font alors grise mine. Ils ne voulaient pas d'un mouvement "l'antillaise", ils en auront un à la réunionnaise. Version Chaudron. Revival 90's. Signe de la gêne du collectif syndical ET politique, c'est le jeune Gilles Leperlier qui est envoyé au front à la télé, en direct sur RFO. Leperlier, président de l'Unef Réunion, syndicat d'étudiants qui regroupe une poignée d'adhérents. Mais le petit Gilles symbolise la jeunesse, et, accessoirement est un futur cadre du PCR. Alors on l'envoie au feu. A la place des vieux briscards, les Ivan Hoareau, les Jean-Hugues Ratenon.
Un Leperlier qui bafouille ses antiennes contre le gouvernement, qu'il récite presque par coeur. Le mouvement échappe au Cospar. Tout échappe au Cospar. Pourtant, Paul Vergès croyait bien tenir la rue. Raté. La rue brûle.

François GILLET

Mardi 10 Mars 2009
françois gillet
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1.Posté par Gérard Jeanneau le 14/03/2009 18:14
Le Cospar a quitté la table des négociations, fâché à mort ou presque. "L’attitude du Cospar est incompréhensible", dit le Préfet. En réalité, elle s’explique aisément. Paul Vergès et ses thuriféraires, les responsables de la CGTR, tirent les ficelles de la marionnette Cospar. Tout simplement ! Comme de grands enfants boudeurs qui agacent papa et maman, ils cherchent à agacer leur ennemi juré, le Préfet, au prétexte qu’il ne les respecte pas - insister pour régler le problème, comme le souhaite le Préfet, valider ne serait-ce que les acquis, c'est un "ultimatum" aux yeux du Cospar : c’est effectivement un manque grave de respect, et je renchéris, une insulte, bien sûr si je me mets dans la peau d’un enfant boudeur! Dieu m'en garde! J'ai passé l'âge! L'esprit d'infantilisme flotte sur le Cospar! Le Collectif a décidément de grands hommes dans ses rangs !

Le Cospar, au langage martial et qui mène pourtant un combat très juste, devrait se donner une nouvelle naissance et tempérer ses exigences dont certaines vont porter un coup fatal à trop de petits patrons... et à leurs ouvriers. Un comble pour un Collectif qui veut défendre les Réunionnais ! Il doit écarter de ses rangs les va-t-en guerre, ceux de la trempe d'Yvan le Terrible.


Mais quand on est tendrement enlacé par un boa très affectueux, que peut-on faire?


http://www.prima-elementa.fr/Divers/Cospar-reunion.html

Gérard Jeanneau (membre virtuel du Cospar nouveau)

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