L'obamania rend fou

Une mode, de l'esbrouffe, un mirage... L'élection du premier président coloré des Etats-Unis ne va rien changer en métropole, ni dans les Dom.



L'obamania rend fou
Ils ont poussé des cris de joie. Des Antilles à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), la liesse était visible, notament chez les jeunes : pour la première fois, la plus puissante nation du monde venait de porter à la fonction suprême un métis. Redéfini dans un saisissant raccourci comme « noir ». Un symole, certes, dans un pays dont l'histoire a été marqué par la ségrégation Mais aussitôt, dans un accès étonnant de communautarisme, une partie des intellectuels et de la population des Dom en a fait un espoir pour une meilleure intégration des « minorités visibles » en France.

2% de députés colorés

Or, l'élection de Barack Obama ne va rien changer en France. Les domiens colorés seront toujours des citoyens de seconde zone en métropole. Et les Dom seront toujours considérés comme des sous-départements, des danseuseuses, des confettis qui « coûtent cher à la France ». Et tant pis si le Nord-Pas-d-Calais ou la Creuse coûtent cher à la France. La question ne se pose pas, c'est en France.
Il y a 11 députés « colorés » issus des Dom à l'Assemblée nationale (dont René-Paul Victoria, seul caf' parmi nos cinq députés), et une seule élue noire non domienne, George Pau-Langevin, élue de Paris. Sur 577 députés. Soit moins de 2% de la représentation nationale. Et ne parlons pas des instances des partis politiques, de la télé, du cinéma, de la haute fonction publique... Il y a en France un réel problème de représentation. Mais se gargariser de l'exemple d'Obama est un leurre, fondé sur le comunautarisme anglo-saxon. On ne devrait pas, en France, se définir « d'abord » comme noir, ou blanc, ou musulman ou chrétien. La fameuse république laïque.
C'est dans la vie quotidienne qu'un chagementdoit intervenir. Le 1er décembre dernier, Christine Boutin et l'inénarrable Patrick Karam, délégué pour l'égalité des chances, on lancé une opération de « testing » pour lutter contre la discrimination à l'accès au logement pour les originaires des Dom. C'est ça la réalité : une discrimination quotidienne, à l'accès au logement, à l'emploi... Et Obama n'y changera rien. La discrimination, c'est aussi l'Etat qui refuse depuis des années à ses « confettis » la simple égalité répubicaine, qui passe par exemple par la continuité territoriale. « Dans les jours qui viennent, les Dom-Tom ne vont pas accéder à la prospérité de la métropole au point d'avoir un niveau de vie équivalent. Ils ne peuvent espérer voir bientôt à l'Elysée un président martiniquais, guadeloupéen, ou réunionnais », note Jean-Paul Ngoupandé, ancien premier ministre centrafricain et essayiste.
Croire que les choses vont changer parce que Barack Obama est président des Etats-Unis relève du mirage. Et en faire une idole simplement parce qu'il est métis est une forme de racisme. Le gentil racisme, le « positif ». La politique, non plus que la vie, ne se jauge à l'aune de la pigmentation.

François GILLET

Mardi 30 Décembre 2008
gillet françois
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1.Posté par lola le 08/01/2009 16:59
A la Réunion, Obama ou pas, ça ne va effectivement rien changer.

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