Je sentirai le vent en revenant de voter



Je sentirai le vent en revenant de voter
Voilà, il va encore falloir voter. Oh, on est motivés, pas de doute. Citoyen, devoir, droit, vertu républicaine... Tous ces mots se bousculent dans les rêves désordonnées des trois nuits de sommeil qui me restent avant d'aller voir le sourire de la jolie assesseuse de mon bureau de vote. Il faut bien trouver des sujets de motivation... Et après, j'irai boire une bière bien faîche sur le front de mer. Je regarderai les baleines, la houle, sentirai les embruns gifler mon visage lassé, et le vent faire danser mes boucles grises, comme si elles étaient encore caramel.

Je sais pour qui je vais voter. Mais ça reste quand même une corvée. Je serai obligé de voter pour quelqu'un d'autre au deuxième tour. Alors autant ne pas perdre de temps, et voter utile dès le premier. Oui, mais, où serait le plaisir, où serait le jeu ?

La Réunion est une île extraordinaire, tellement dans la République, et tellement hors de la France. Par exemple, voter à gauche dans notre ti péi n'a aucun sens. Voter à droite non plus d'ailleurs. Quant à opter pour le FN version Marine, c'est carrément un non-sens. On le sait bien, que notre vote, nos sept députés, n'auront finalement aucun poids dans la politique nationale. On sait que les complaisances, les malfaisances, les coups en missouk, les coups en douce, les changements d'humeur les changements de camp, les couleurs maquillées, les trahisons souriantes, sont les clefs de la politique locale, encore plus que du jeu national.

Mais bon. On va voter quand même. Parce que c'est important. Parce qu'on y croit encore. Quand même. Malgré tout.

François GILLET

Vendredi 8 Juin 2012
François Gillet
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