Et si on regrettait Paul ?



Et si on regrettait Paul ?
Jacques Chirac, président honni, voleur, menteur, se retrouve au crépuscule de sa vie personnalité préférée des Français. Dans notre démocratie monarchique, c’est vrai qu’après avoir coupé des têtes, on aime bien récupérer le panier… Et puis c’est vrai aussi qu’on compare : un voleur-menteur-jouisseur, amateur de belles femmes, de bon vin, et de tête de veau, ça fait un président honorable. Qui nous ressemble. Surtout quand il envoie chier les Américains (enfin Bush, en l’occurrence). Ou les Israéliens, même dans un anglais approximatif.
On compare, donc, avec un président amateur de Rollex, de fric, de vitesse, de clinquant, de belles femmes aussi, de luxe, comme l’autre, mais avec ostentation, alors que Jacques se cachait comme un gamin. Son fils caché au Japon ? Ses maîtresses multiples, brunes, blondes, rousses (il préfèrait les blondes) ? Sa maîtresse réunionnaise (blonde) ? Qu’importe. C’est aujourd’hui l’homme politique préféré des Français.
Nicolas Sarkozy ne sera jamais populaire. Pas assez de goût pour la tête de veau, et le cul des vaches. Pas assez d’envies. Pas assez de sexe malgré Carla. Jacques Chirac, voleur, menteur, sera toujours plus près de nous que Nicolas Sarkozy qui n’est que menteur. Les Français doivent aimer les voleurs, de Mandrin à Arsène Lupin.
Et nous, si un jour on regrettait Paul ? Assassin, roublard, cynique… Homme politique hors-normes. Amateur de parties de chasse avec Ceaucescu. Tueur impitoyable, chez ses propres amis. Salaud parfait avec les femmes, et les hommes des femmes qu’il a aimées. Père foudroyé par la mort du fils qu’il aimait, plus que tout, plus que lui-même.
Paul aussi est au crépuscule de sa vie. Il va laisser en héritage une route que tout le monde attend et applaudit, une maison des civilisations, qui fait, comme la pyramide du Louvre de François Mitterrand, polémique, et un improbable tram-train. Comme les pharaons de l’ancienne Egypte, il aura laissé un mausolée derrière lui. Et comme César, comme Roosevelt, de grands travaux. Paul va mourir bientôt. Derrière lui, son parti sera un champ de ruines. Mais le jour de sa mort, il y aura de nombreux crocodiles pour pleurer. Et pour le regretter, comme un salaud lumineux. Titre d’un bouquin de son frère Jacques, qui lui a toujours fait de l’ombre.

François GILLET

Vendredi 19 Juin 2009
françois gillet
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1.Posté par Alain BLED le 01/09/2009 19:36
Houla, comme dirait Omar à Fred,toi tu va avoir des problèmes, !j'espère que tu as un gilet... pare balles !
blague (à deux balles justement) à part, ça fait longtemps que je n'étais pas venu sur le site du Pirate, et je me régale ! Bon, je sais pas s'il y a beaucoup de lecteurs, mais peu importe, c'est la qualité qui compte !

2.Posté par françois gillet le 04/09/2009 01:03
Merci. Pour le gilet pare-balles, ça devrait aller... : ). Pour le lectorat, ça va aussi. 8000 (et quelques) visites en août. En même temps, on brigande, on n'a pas vocation à faire de l'ombre
à Clicanoo, ni à l'info.re, ni même à Zinfos. Small is beautiful...

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