Eloge canadien au rhum charrette

Joli papier, en forme d'éloge du rhum, trouvé sur le site Cyberpresse.ca, un site canadien d'infos. Malgré quelques inexactitudes (le vaudou, Sitarane au XIXème... ), un long passage décrit fort bien les liens entre le rhum et l'île de la Réunion. Sans évoquer ceux entre charrette et faits-divers... Petit extrait.



Eloge canadien au rhum charrette
On boit moins qu'avant à la Réunion, ça c'est certain. Mais on reste quand même attaché à la canne à sucre, une substance noble qui fait vivre l'île depuis 200 ans. Le rhum peut être considéré comme un concentré de ce qui caractérise et fait l'île de la Réunion. C'est pourquoi on le retrouve autant dans la réalité des Créoles que dans leur imaginaire. Un repas traditionnel ici ne peut commencer que par un dé à coudre de distillat et doit se terminer par un rhum arrangé. Particularité locale s'il en est une, on «arrange» l'alcool avec des fleurs, de la vanille et des fruits, qu'on laisse macérer quelques mois avant de le servir en shooter.

On ne refuse jamais un rhum ici, que ça soit au restaurant ou à un pique-nique. C'est toujours une occasion d'entendre une nouvelle légende. Celle de Jack le Fou, peut-être. L'homme au visage entièrement tatoué, qui ne sort que les soirs de pleine lune pour jeter un sort à ceux qui lui refuse à boire. Ou celle de Sitarane le buveur de sang, un engagé indien qui utilisa des pouvoirs obscurs pour terroriser l'île au 19e siècle et qui fut condamner à mort. Une demi-douzaine de bouteilles sont constamment sur sa tombe, dans un cimetière du Sud de l'île, afin qu'il ne soit pas tenté de la quitter et de recommencer à traumatiser les locaux.

Le rhum est l'offrande idéale si l'on veut demander quelque chose aux esprits. Le vaudou est loin du truc pour faire peur aux enfants. Il ne faut pas aller bien loin pour trouver des poules, grosses, noires ou rousses, sans tête et sans pattes Ou des sacs remplis avec le Mal de quelqu'un, déposé à la croisée des chemins pour contaminer le premier qui s'en approche. Qu'ils y croient ou non, le premier novembre, à la fête des Morts, tous font un arrêt obligé aux boutiks pour ramasser une bouteille de Charrette qu'ils boiront avec les défunts.

Laurent Kayler-Blais

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Vendredi 28 Mai 2010
laurent kayler-blais
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