Des rigolos au chevet des DOM

Les DOM flambent, et un cortège de rigolos se succèdent dans le rôle de pompiers. On ne retiendra pas le nom de Frédéric Lefèbvre, porte-parole de l'UMP, pour lequel il ne saurait y avoir "deux lois dans la République". En voilà un qui a le mot pour rire. Ca fait 60 ans que la loi de la République n'est pas la même en "métropole" que dans les départements d'outre-mer.



Réunion de crise à l'UMP au sujet de la situation outre-mer, sous l'oeil bienveillant de Frédéric Lefèbvre (merci à Photofunia pour ce scandaleux montage photo)
Réunion de crise à l'UMP au sujet de la situation outre-mer, sous l'oeil bienveillant de Frédéric Lefèbvre (merci à Photofunia pour ce scandaleux montage photo)
Un climat d'insurrection, un parfum de colère, un sentiment de ras-le-bol face à la discrimination, face à la vie chère, et surtout face à cette réalité vécue par tous les Français d'outre-mer : celle de n'être pas des Français à part entière, mais bien entièrement à part.
Les départements d'outre-mer sont en ébullition, depuis plus d'un mois, et le gouvernement prend la mesure de la situation avec beaucoup de retard à l'allumage. Et de France (de métropole, pardon...), on nous envoie une litanie de pompiers pour éteindre l'incendie.
En grande majorité des incapables, qui n'ont pour vision des DOM que celle des plages et des gentils accents antillais (ne leur demandez pas où est la Réunion, ils croient que c'est aux Antilles). Ne parlons pas du cas d'Yves Jego, qui a au moins eu le mérite de monter tout seul au front, avant de se faire désavouer par son propre gouvernement.

Un ministère du Nord-Pas-de-Calais

Evoquons celui de Frédéric Lefèbvre, porte-parole de l'UMP, et porte-flingue de Nicolas Sarkozy qui, n'en étant pas à une connerie près (mais il assume... ), a déclaré publiquement qu'il ne « pouvait y avoir deux lois dans la République ». Il parlait des revendications domiennes, notamment de celle portant sur les 200 euros d'augmentation sur les bas salaires. Cet éminent spécialiste aurait dû savoir que « la République », depuis la départementalisation en 1946, s'était toujours accomodée d'avoir des lois différentes dans ses départements lointains. Des fonctionnaires payés à plus 53% par rapport à la métropole ; des smicards à moins 20% (jusqu'en 1996) ; des entreprises et d'aisés particuliers défiscalisés ; un « octroi de mer » sur les produits entrants ; des entreprises publiques ou para-publiques qui considèrent ces départements comme des pays étrangers, et leur font payer au prix fort des services publics (France Télécom, la Banque de France), une continuité territoriale allant de soi pour la Corse, mais inexistante pour les DOM...
La liste serait trop longue. Alors d'accord, appliquons, une fois pour toute, la loi de la République aux DOM. Toute la loi, rien que la loi. Chiche, cher Frédéric ?
Aux rangs des rigolos, le PS, qui, quand il était au pouvoir, n'a jamais traité différemment l'outre-mer que la droite. Et qui n'a toujours pas de secrétaire national à l'outre-mer. Ségolène Royal a fait acte de candidature juste au moment ou la presse commençait à s'intéresser, enfin, à ce qui se passait en Guadeloupe. Une candidature désintéressée, forcément...
Une seule bonne idée a émergée d'un fatras de lieux communs sur la France ultramarine : elle émane d'Yves Jego qui se demande si on ne devrait pas supprimer le sous-ministère à l'Outre-mer. Parce qu'il n'y a pas de ministère du Nord-Pas-de-Calais, après tout...
Qu'on arrête de prendre les DOM pour des danseuses, et d'envoyer à leur chevet des danseurs de salon.

François GILLET

Samedi 21 Février 2009
françois gillet
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