Déchets : la grande blague du recyclage

A la Réunion, c'est une tradition, on jette nos déchets dans les ravines. Les batteries, bien sûr, les carcasses d'auto, mais aussi la ferraille ou le toner des fax. Et pendant ce temps, on continue à nous tenir des discours lénifiant sur le développent durable. Témoignage édifiant...



Déchets : la grande blague du recyclage
« Pas cher, mes déchets, pas cher… » Une utopie ? Non, peut-être ce qu’on pourra entendre bientôt sur les les marchés forains de notre ile intense, et c’est sûrement déjà une réalité dans bien des pays toujours « en voie de développement ». Tout cela si l’on considère les dires de certains qui s’en font du beurre, sans s’en soucier plus que ça…
Dans mon boulot (qui n’est pas journaliste d’investigation), je suis amené à gérer les déchets de l’entreprise qui m’emploie. Certaines personnes vous proposent de reprendre gratuitement des conteneurs entiers de ferraille. Ils vous posent le conteneur, vous n’avez qu’à le remplir et ils repartent avec. J’ai tenté la chose un ou deux fois, jusqu’à ce qu’un commercial d’un des seuls récupérateurs réellement aux normes sur l’île m’explique que si on retrouve ce conteneur sous contrôle dans une douane à l’autre bout du monde, je me débrouillerai pour le faire rapatrier à mes frais afin de m’occuper une deuxième fois de mes jolis déchets, sans compter la belle amende que je devrais annoncer à mon patron. Lui, il me proposait un vrai suivi des déchets métalliques, contrôlé par la DRIRE. J’ai compris que ce type était un commercial, mais j’ai aussi compris qu’à la sortie de ces conteneurs marrons, ces déchets rouillés et plein de vieilles peintures et de traces de mauvaise graisse acides étaient sans doute démontés et triés par des mains nues d’enfants qui n’en demandaient pas tant, pour gagner un ou deux bols de riz la journée. J’ai néanmoins réussi à négocier un contrat de récupération de mes ferrailles presque gratuit avec ce monsieur (qui m’en avait demandé plus…)
Je connais un autre monsieur dans le milieu, que je nommerais X, et qui travaillait pour un gros concurrent du premier, mais sans la ferraille. L’année dernière je lui avais demandé où recycler les cartouches d’encre et toners d’impression, que j’accumulais depuis pas mal de temps. Apparemment, rien ne permettait de recycler ces produits à la Réunion, mais c’était en cours d’amélioration et je pouvais les mettre de coté jusqu’à ce qu’il me trouve une solution, normalement en 2009. D’autre part, mon fournisseur de cartouches et toners était censé me les récupérer pour les recycler. Lorsque j’ai contacté celui-ci, il a d’abord refusé de me les reprendre, puis m’a dit qu’après tout il pouvait le faire mais qu’il les jetterait de toute façon dans une benne de déchets ordinaires…
J’ai croisé X la semaine dernière par hasard, dans une arrière salle sombre de St Denis. Il m’a encore appris des choses. Il bosse maintenant dans le déchet infectieux, j’ai senti que c’était comme une promotion pour lui. On a reparlé des mes encres usées, qui remplissent maintenant deux bonnes palettes filmées sur un mètre de haut. Toujours rien en vue à la Réunion, il m’a donc conseillé de les jeter dans une benne quelconque, c’est ce que tout le monde fait… Ou de les donner à mon fournisseur, au moins c’est pas moi qui les jetterai. Voyant que ça ne me convenait pas, il a ajouté « mais tu sais c’est qu’un business l’environnement, tu vois tout le monde voter écolo mais ça veut strictement rien dire, c’est que du business derrière… »
De la part d’un type qui est directement au contact de la chose « environnement », ça rassure, et donc rien n’est perdu. Dans un monde à la Bilal, si loin mais si proche, quand les derniers employés de la Réunion se seront licenciés eux-mêmes pour la gloire de l’économie autodestructrice, on pourra se tourner vers nos stocks, qui auront pu gonfler sans souci. Batteries de bagnoles, piles extra puissantes, pneus, encres, vieux compresseurs, carcasses de tout et de rien, huiles, boues, résidus et poussière en tous genres… Mes chiffons, qui veut mes chiffons ? Vieux plastique cramé en promotion ! Mes toners tous beaux conservés dans leurs emballages d’origine vaudront de l’or, en déco sur le buffet… Je me dis déjà que j’ai bien fait de les garder…

Arthur



Coup de toner

Les cartouches et toners d’impression ne doivent être ni abandonnés, ni rejetés dans le milieu naturel ou les ordures ménagères, ni brûlés à l'air libre.
Règlement sanitaire départemental type - Circulaire du 09/08/78. (note : ça fait à peine 30 ans…)

Rassurons nous encore, y’a pas qu’à la Réunion qu’on fait n’importe quoi :

Près d’un 1,2 millions de cartouches sont vendues en France chaque année et seulement 10% d’entre elles sont recyclées.
Source : environnement.ccip.fr

Mardi 16 Juin 2009
Arthur
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1.Posté par Lili le 18/06/2009 14:32
Tri sélectif la bonne blague!
Ce qui se passe dans notre quartier: le jour du ramassage des déchets verts, les employés mettent dans la benne les encombrants, et, vice et versa. Bac gris, bac jaune même combat tout dans le même camion. Alors pourquoi je me fatigue à faire le tri chez moi, à respecter les jours de sortie et de ramassage? On fait gaffe, on fait la leçon à nos enfants et au final on remélange le tout. Je suis attristée car tous mes efforts pour "sauver la planète" sont ruinés en quelques minutes par ... Je ne sais pas à qui la faute, la société de ramassage? la commune? la communauté de communes? le conseil général? régional? la Préfecture?

2.Posté par philippe gladel le 15/09/2009 23:25
bonjour
nous sommes specialisé dans le recyclage des cartouches d'encre pour imprimante jet d'encre.Nous récuperons des cartouches vides et nous leur offront une deuxieme vie en les remplissant a nouveau.

ceci de facon professionellle.

tel 0262 25 47 61

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