De Chateauvieux, "né dans un sac de sucre"

Etonnante et intéressante interview de Jacques de Chateauvieux, parue lundi dans La Tribune. On y apprend notamment que le grand patron aime son île, et que la crise économique mondiale va amener le capitalisme à faire preuve de "plus de modération et d'humilité". Ca alors...



De Chateauvieux, "né dans un sac de sucre"
Jacques de Chateauvieux se livre sans retenue dans cet entretien à La Tribune. Le tycoon réunionnais y estime notamment que "dans cette crise, le plus frappant c'est la disproportion entre le grand nombre de personnes qui en souffrent et le très petit nombre de ceux qui en sont à l'origine". Et que "ce qui s'est passé est un appel à la modération et à l'humilité. Ce n'est pas parce qu'on est très fort en maths que l'on est un demi-dieu!". Et pan dans les dents des traders fous ! Pas question pour autant que l'Etat vienne fourrer son nez dans les affaires des financiers : "ce n'est pas à l'Etat de dire ce qui est raisonnable ou pas en terme de rémunération. C'est à chacun, à chaque individu, de décider. Si on croit en l'homme, il faut prendre le risque de la liberté. Et s'il y a des excès, l'Etat doit fixer les limites, corriger et faire en sorte que cela serve d'exemple", énonce doctement Jacques de Chateauvieux.
Interrogé sur son manque de "patriotisme économique" vis-à-vis de la Réunion, l'homme d'affaires sort un peu de sa réserve de bon aloi : "qu'est-ce que ça veut dire le patriotisme économique? Soyons de bons chefs d'entreprises, pour nos clients, pour nos salariés, pour nos actionnaires. Ayons le souci de faire de grandes choses. Ne ménageons pas notre peine. Soyons humbles devant la réalité mais déterminés à s'améliorer en permanence et nous aurons fait œuvre d'utilité".
"Est-ce que vous êtes toujours un entrepreneur réunionnais?", lui demande ensuite le journaliste. Réponse de Jacquou : "Bien sûr que oui, je suis réunionnais! Je suis né dans un sac de sucre! D'ailleurs quand j'ai été nommé président du conseil de surveillance d'Axa, il y eu un enthousiasme, une fierté de beaucoup de Réunionnais. Est-ce que j'aurais dû continuer à faire du sucre, être maire de mon village, passer mes soirées à déguster du rhum face à mon allée de cocotiers qui donne sur la mer, au lieu d'être à des heures d'avion et de diriger un entreprise internationale? Je respecte les deux choix. Ce ne sont pas les mêmes rythmes, cela n'exprime pas la même dynamique."
Et de conclure par cette envolée lyrique : "La Réunion est vraiment une terre d'exemple, c'est une terre de peuplement et pas de colonisation. Chacun y est venu avec sa culture, sa religion. La seule distinction qui est faite, c'est entre les Réunionnais et les Zoreilles [un Français de métropole, NDLR]. Je suis en quelque sorte tombé dans la multiculturalité et la diversité quand j'étais petit et ça m'a énormément servi dans mon travail à l'international."
Bon, maintenant, on comprend mieux les manières un peu sirupeuses de Jacques de Chateauvieux : quand on est né dans un sac de sucre...

François GILLET


Mardi 1 Septembre 2009
françois gillet
Lu 1114 fois



1.Posté par yéti le 03/09/2009 15:40
Merci maître, merci patron.
Comme un résumé de notre temps, et à l'attention des entrepreneurs qui font le bonheur des autres et ont parfois commencé dans les plantations coloniales, un court passage emprunté à "La valse lente des tortues" de Katherine Pancol. "Huit mille sept cents morts par jour dans le monde à cause de ces marchands de sucre! Et quatre cent mille enfants obèses de plus chaque année rien qu'en Europe! Après avoir fait mourir des esclaves pour cultiver la canne à sucre, ils s'en prennent à nos enfants en les saupoudrant!"


2.Posté par françois gillet le 04/09/2009 00:50
Personnellement, j'ai une préférence pour le sucre glace...

Nouveau commentaire :
Twitter

Les commentaires sont modérés a priori par l'équipage.

L'Edito | Actus Réunion | Zembrocal | Moucatage péi | Dann Péi Déor | Le Vieux Papangue | L'Equipage | Vieux papiers