De Chateauvieux et Apavou ne connaissent pas la crise

Avec son groupe immobilier CBO Territoria, Jacques de Chateauvieux réalise un véritable jackpot. Merci la route des Tamarins, et merci aussi Leclerc. De son côté, Apavou la joue plus modeste, mais compte bien sur ses investissements hôteliers à Maurice pour décrocher le gros lot.



Dessin Lul
Dessin Lul
La crise ne frappe pas tout le monde de la même manière. Certains s'en sortent même très bien. C'est le cas de Jacques de Chateauvieux, qui a parfaitement négocié la reconversion des Sucreries de Bourbon en groupe capitalistique très rentable, devenu Bourbon tout court, et spécialisé dans le maritime et la prospective off-shore. Mais le plus beau coup de de Chateauvieux a été la création de CBO Territoria, en 2004. Une société immobilière reprenant l'immense parc foncier des Sucreries. Soit 3360 hectares de bonnes terres bien constructibles. « Soit près de 1% de tout le territoire réunionnais ! C'est un peu comme si une personne en métropole possédait à elle seule... tout le département du Calvados », note le site Marianne2, dans un article récent consacré à l'homme d'affaires réunionnais.
CBO Territoria, loin d'être touché par la crise, est boosté notamment par la demande de foncier et de locaux des entreprises réunionnaises, et par la construction de la route des Tamarins, qui a augmenté en conséquence la valeur des terrains du côté de piton Saint-Leu, des Avirons, et du Sud en général. « Nous en avons pour 50 ans de peuplement » a lancé JDC. CBO a procédé en fin d'année dernière à une augmentation de capital de plus de 23 millions d'euros. Mais la famille -monsieur et madame, par le biais de la société Jaccar- garde 20% des actifs.
Des actifs qui n'en finissent pas de prendre de la valeur. En 2008, selon Eric Wuillai, directeur général de CBO, interviewé par businessimmo.com, « le résultat opérationnel atteint 20,5 millions d'euros, en progression de 18%, pour un résultat net en hausse de 20% à 14,6 millions d'euros ». Objectif : « réaliser 100 000 mètres carrés de bureaux et activités dans les cinq ans à venir ».
Au portail, Saint-Leu, le groupe a signé un accord avec Leclerc pour la construction d'un hypermarché de 4800 m2 et d'un complexe commercial. CBO vise à l'horizon 2012 de « générer 20 à 22 millions d'euros de loyers par an ».
Bref, l'immobilier, chez de Chateauvieux, est une affaire qui marche. Mais ce n'est pas tout. Le poisson aussi peut rapporter gros. Jacques de Chateauvieux devrait cette année faire côter en bourse la Sapmer, le plus gros armateur réunionnais, et compte ainsi lever 15 à 20 millions.
Les bateaux, c'est bien aussi : en 2003, Jaccar a racheté Sinopacific, un chantier naval chinois. Qui à l'époque fabique trois bateaux par mois, et emploie 2000 personnes. En 2009, Sinopacific compte 22000 employés, devrait construire 70 bateaux, et compte sur un carnet de commandes de six milliards de dollars.
La crise, Jacques de Chateauvieux ne connaît pas...

François GILLET

Apavou multiplie les hôtels

Le jeu favori d'Apavou ? Le Monopoly. Le groupe hôtelier réunionnais compte un hôtel à la Réunion, et six à Maurice. Où ses trois plus beaux établissements les plus prestigieux ont été rénovés entre 2007 et 2008 pour un montant de 10 millions d'euros. Et Apavou vient d'ouvrir un nouvel hôtel quatre étoiles, le Mornéa. Et à la Réunion, un établissement haut de gamme de 50 chambres, le Cap resort & spa, devrait ouvrir ses portes d'ici à la fin de l'année. Ces investissements ont un peu plombé le chiffre d'affaires du groupe, estimé à 38 millions d'euros, selon l'Echo touristique. Ce qui n'empêche pas Apavou de projeter la construction de deux nouveaux hôtels à Maurice. La crise ? Quelle crise ?

Dimanche 29 Mars 2009
françois gillet
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