Branle-bas pour l'illettrisme



L'illettrisme pose une myriade de fausses questions à la PEEP et à la FCPE de La Réunion, associations capricieuses implantées sous notre tropique du Capricorne. C'est bien triste! Et on veut s'en prendre à tous les gouvernements de gauche et de droite, depuis vingt ans. On exige de l'Etat un devoir de réparation! Rien de moins! Je crois entendre des enfants gâtés.

Je pose à mon tour une seule petite question à ces deux associations qui me font tristement sourire. Comment se fait-il que je n'ai(e) connu aucun illettré dans les écoles primaires de ma région rurale? C'était en période de guerre, en 39-45. Pour la première année d'école, on n'avait dans son cartable qu'un pauvre livre de lecture, un pauvre cahier et un casse-croûte. Pas d'école maternelle pour les premiers pas dans l'enseignement! Pas de cantine, non plus! Et on n'entendait le français que dans les classes... et chez monsieur le curé, qui ne se permettait jamais un mot de patois! Pas de radio! Pas d'électricité! Il y a quelques années, j'ai interrogé la soeur d'une tante par alliance, qui avait été institutrice en classe préparatoire dans des écoles primaires plus éloignées, et cela avant, pendant et après la guerre. Elle m'a confié qu'elle avait connu tout de même quelques rares cas d'illettrisme. Rien donc de comparable avec le bilan actuel!

Pourquoi? Je réponds, la FCPE, tropicalisée ou non, donnant forcément sa pauvre langue au chat! Tout simplement, on avait, à l'image des parents, le sens de l'effort; et on savait se plier tout naturellement, pour l'apprentissage de la lecture, à la méthode syllabique, la plus simple qui soit, car on va tout logiquement du simple au complexe. Et on était déjà à bonne école auprès des parents du fait qu'ils avaient inculqué l'essentiel dès le saut du berceau : le goût du travail et la discipline! Le plus bel héritage dont on peut rêver! C'est le sésame pour le succès dans les études! C'est le rempart inébranlable contre l'illettrisme!

Les temps ont changé en douce France, et de Dunkerque à Saint-Philippe : l'enfant est roi à la maison, à l'école, partout; tout doit être ludique, tout doit être sucré à volonté. Il est à une autre école, celle du laxisme! Le b, a, ba de la méthode syllabique n'est plus de son siècle! Elle n'a rien de sucré! A-t-il quelques difficultés? On s'empresse de le consoler en le faisant passer dans la classe supérieure. Surtout pas de traumatisme chez l'enfant-roi! C'est la première étape menant tout droit à l'illettrisme. Et mai 68 a sérieusement amélioré l'ordinaire : il est interdit d'interdire! La porte du laxisme est alors grand ouverte! La méthode globale de lecture a apporté aussi du grain à moudre aux petites têtes, blondes ou non, grâce à quelques psychologues scolaires, faits maison, égarés dans leurs nuages, et dont les talents ne valent pas ceux d'une lavandière! Voilà, au final, les meilleurs ingrédients du monde pour répandre l'illettrisme! Que demander de mieux? Que demander de plus?

La FCPE et la PEEP ont-elles une autre petite question saugrenue à proposer au recteur de l'Académie de La Réunion et à notre ministre de l'Education nationale?
Gérard Jeanneau

Mercredi 27 Octobre 2010
gérard jeanneau
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