Avec Zeop, Intercable tire sur la corde

Jolie opération de communication pour l'opérateur internet par câble Zeop, qui dépend de la société canadienne Intercable. Une pleine page dans les deux quotidiens locaux pour dire que contrairement aux "rumeurs", l'entreprise va très bien, madame la marquise. La réalité est un peu différente : faute d'argent frais cette année, le beau projet internet alternatif pour la Réunion pourrait tout simplement couler à pic.



Avec Zeop, Intercable tire sur la corde
C'est sur l'air de « Tout va très bien, madame la marquise » que le patron canadien de Zeop, filiale d'Intercâble, a parlé à la presse la semaine dernière, pour clamer la bonne santé de son entreprise, qui vise la gageure de proposer une alternative internet à la Réunion via une offre triple play par câble. Démentant les « rumeurs » de mauvaise santé financière, Pascal Laflamme a assuré que, grâce à un partenariat avec des banques mauricienne et sud-africaine, Zeop était en très bonne santé, et allait d'un pas confiant affronter la concurrence (notament France Télécom, qui, reconnaissons-le, n'arrête pas de mettre des bâtons dans les roues au nouvel arrivant).
Extrait du Jir du 5 juin : « Difficultés financières”, “actionnaires réticents”, les rumeurs ont abondé ces derniers mois pour commenter le retard de Zeop, la marque locale de Intercable, dans son déploiement à la Réunion. Neuf mois précisément de décalage sur le planning initial qui devait voir le fournisseur d’accès à internet s’installer dans le nord de l’île. Les Canadiens ont mis un terme hier à cette phase critique. 19 millions d’euros seront investis cette année pour conquérir le sud de l’île, en lieu et place du nord. Faute d’accord avec France Télécom à Saint-Denis, Zeop vise les marchés de Saint-Pierre, du Tampon et de Saint-Louis ».
Sauf que la réalité est un peu différente. Les « rumeurs », Le Pirate avait été parmi les premiers à les colporter. En l'occurrence de très sérieuses infos concernant les difficultés financières de l'entreprise. Et contrairement à ce que Pascal Laflamme affirme, l'arrivée de nouveaux partenaires financiers ne sera peut-être pas suffisante.


5,8 millions d'euros de pertes

Trois jours avant la conférence de presse réunionnaise, Intercable avait en effet publié son bilan et ses prévisions financières, avec plus d'un mois de retard. Résultat : une perte nette de près de 5,8 millions d'euros (9 millions de dollars canadiens) pour 2008. Pas grave en soi, puisque l'entreprise est dans une logique d'investissement. Intercable qui a déjà investi 12 millions d’euros depuis son arrivée en 2007, prévoit 100 millions de mise jusqu'en 2012. Le problème, c'est qu'Intercable soulève elle-même, dans ce rapport destiné aux actionnaires et aux autorités, la nécessité d'obtenir encore plus de sous pour ne pas mettre la clé sous la porte : « La poursuite des activités de la Société dépend de sa capacité à obtenir du financement additionnel en 2009 et l'appui continu de ses actionnaires et de ses fournisseurs » peut-on y lire. Et l'apport de nouveau fonds semble être une urgence, puisqu'il est question de mois... François Caillé, qui a pris une (toute petite) participation dans Zeop, va-t-il s'en mordre les doigts ? Les banques locales, qui, comme d'habitude, ont refusé tout investissement dans un projet ambitieux, s'en réjouir ? A suivre dans notre passionnant feuilleton internet péi...

François GILLET


Photo : IMAZ PRESSE REUNION

Voir aussi le Jir, le Quotidien de la Réunion, et Direction informatique

Dimanche 7 Juin 2009
françois gillet
Lu 2221 fois


Nouveau commentaire :
Twitter

Les commentaires sont modérés a priori par l'équipage.

L'Edito | Actus Réunion | Zembrocal | Moucatage péi | Dann Péi Déor | Le Vieux Papangue | L'Equipage | Vieux papiers