Affaire de famille au FN



Affaire de famille au FN
On nous annonçait une vague "bleue marine" aux départementales, ça été une vaguelette : aucune présidence de conseil départemental. Mais tout de même, le Front national, à défaut d'être à l'issue de ces élections dont personne n'a encore compris le sens, le premier parti de France, s'installe confortablement à la troisième place au niveau national. La Réunion, comme les autres Dom, font de la résistance. Le discours frontiste a du mal à passer dans les ex-colonies, et ça peut se comprendre. On se souvient qu'Huguette Fatna, une plantureuse Antillaise, chargée de l'Outre-mer au FN, nous expliquait sans rire et en substance à l'aube des années 90 que si les Domiens étaient victimes du racisme en métropole, c'est parce qu'on les confondait avec des étrangers. Mais qu'une fois le Front national au pouvoir, les choses s'arrangeraient... Depuis ça, le temps la passé, Marine est arrivée, avec ses habits neufs, et son leitmotiv de dédiabolisation.
Et c'est le moment que choisit Jean-Marie Le Pen pour mettre les pieds dans le plat, et ressortir ses vieux démons. D'abord, sur RMC, il réitère ses propos selon lesquels les chambres à gaz sont un "point de détail" de la Seconde guerre mondiale. Puis, il enfonce le clou dans une interview à l'hebdomadaire confidentiel d'extrême-droite Rivarol, estimant notamment n'avoir "jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître", et expliquant doctement comprendre "tout à fait qu'on mette en cause la démocratie". Au passage, le vieux tribun (87 ans) fait également l'éloge de "l'Europe boréale et du monde blanc". Diable ! Voilà qui emmène le mouvement bleu Marine sur les pistes noires, et qui risque de fausser l'image de respectabilité patiemment construite par la présidente du FN. Qui annonce dans la foulée son intention de s'opposer à la nomination de son père comme tête de liste aux régionales dans la région PACA.
Un premier pas avant l'exclusion de Jean-Marie Le Pen du parti qu'il avait fondé en 1974. Mais l'ancien risque de ne pas se laisser faire. A un moment, il faut bien tuer le père. Mais le père, en l'occurrence, n'a pas envie de mourir. Et il garde un sacré pouvoir de nuisance.

François GILLET

Jeudi 9 Avril 2015
François Gillet
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