12 régions en France, il en manque, non ?



Le Conseil représentatif des Français d'Outre-Mer (Crefom) a écrit la semaine dernière au président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour dénoncer «l'absence totale des Outre-mer» dans le traitement des résultats des élections régionales dans le paysage audiovisuel français. Dans un courrier intitulé «l'outre-mer absente des écrans», le président par intérim du Crefom, Jean-Michel Martial, «en appelle» à «une intervention» d'Olivier Schrameck «afin qu'un rappel à l'ordre, voire un avertissement engage les médias à corriger définitivement cette manière d'envisager la France».
«Vous avez pu constater l'absence totale des Outre-mer dans le traitement de l'information concernant les résultats, au premier comme au second tour, des élections régionales, sur les écrans du PAF», écrit Jean-Michel Martial. Quatre territoires d'outre-mer prenaient part à ce scrutin régional des 6 et 13 décembre: la Réunion et la Guadeloupe pour renouveler leur conseil régional, la Martinique et la Guyane pour élire leur nouvelle collectivité unique. En raison du décalage horaire, la Réunion votait 3 heures avant la métropole, la Guyane 4 heures après, les Antilles 5 heures plus tard.
«Les commentateurs ne parlent que du vote de 12 régions de l'Hexagone, voire de 13 territoires avec la Corse, comme étant le vote de l'ensemble de la France», a constaté M. Martial, ajoutant: «les Outre-mer sont complètement oubliés, marginalisés, niés; comme si leur vote n'avait aucune importance, comme si ils n'appartenaient pas à l'ensemble national».

Pour le Crefom, «cette relégation doit cesser» car elle «est préjudiciable au sentiment national» et «constitue une faute qui engage la responsabilité des médias nationaux». Enfin, le Crefom sollicite une entrevue avec le gendarme de l'audiovisuel «afin d'aller plus avant dans l'analyse de cette situation et définir les pistes qui permettront d'y remédier».
La semaine passée, pour le premier tour des élections régionales, le Conseil supérieur de l'audiovisuel avait pointé des «déséquilibres importants» dans l'application du temps de parole des candidats aux élections régionales dans les médias pendant la campagne du premier tour, raccourcie à cause des attentats. Ces «déséquilibres» observés entre le 26 octobre et le 4 décembre ne constituent pas «de graves manquements» car ils sont liés à la couverture des attaques à Paris et Saint-Denis, qui a fortement perturbé et raccourci la campagne des régionales, explique-t-on du côté du CSA.
Bon, en même temps, on a l'habitude : les "22 régions" d'avant laissaient les Dom de côté lors des soirées électorales. Seule France Inter, à notre connaissance, a pris soin de préciser au soir des résultats que ceux-ci concernaient les "22 régions métropolitaines". Pareil pour la presse écrite : de Libé au Figaro, en passant par Le Monde, il a fallu attendre plusieurs jours avant de voir apparaître la carte des régions d'outre-mer. Où l'on voit l'importance qu'accordent les médias nationaux et, dans la foulée, nos politiques (nationaux aussi, cela va de soi) à ces confettis de l'empire où vivent pourtant 2,7 millions de Français, soit 4% de la population du pays. Une paille !
En fait, on a l'impression qu'on n'est même pas des citoyens de seconde zone, mais qu'on n'est pas citoyens du tout. Alors, après, Alain Juppé peut bien déclarer au Jir (21/12) "Les Outre-mer sont au coeur de mon projet", on y croit à moitié. Mais au moins, dans les "Outre-mer", le Front national y gratte zerbe dann champs d'cannes.

Laurelen

Lundi 21 Décembre 2015
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